Les coûts salariaux dérapent
Inflation 10 %, inertie 100 %

La liaison automatique des salaires à l'indice des prix à la consommation est un système propre à la Belgique, au Luxembourg, à Chypre et à Malte. Quand l'inflation est autour de l'objectif de la Banque centrale européenne, soit 2 % par an, le mécanisme a des avantages. Il garantit le pouvoir d'achat des salariés sans multiplier les négociations sociales, toujours sources de tensions.

Quand une flambée inédite des prix de l'énergie entraîne une hausse de l'index de 10 % en un an, rien ne va plus ! L'augmentation des salaires est brutale et parfois impayable pour les employeurs. Elle est beaucoup plus rapide que dans les grands pays voisins, avec des effets désastreux : handicap compétitif, hausse forcée des prix, qui alimente l'inflation et pousse les Belges à passer la frontière pour leurs achats.

Pour limiter les dégâts, le plus radical est de décréter un "saut d'index" de 2 %. Cela s'est produit à quatre reprises depuis 1982, la dernière fois en 2015. C'est aujourd'hui politiquement exclu.
Trois autres solutions existent, qui n'ont jamais été appliquées. Il est possible de lisser l'indexation des salaires dans le temps, de la plafonner au salaire médian d'environ 4.000 euros brut, ou de n'adapter que le salaire net, en gelant les cotisations sociales.

Le problème belge est qu'il est inconcevable d'envisager ces pistes de sauvegarde de l'emploi avec les syndicats. Ils prévoient une manifestation le 21 septembre et une grève générale le 9 novembre pour réclamer, en particulier, la possibilité de négocier des hausses salariales au-delà des augmentations liées à l'index. On ne frappe pas un homme à terre, mais une entreprise à terre, pourquoi pas ?

L'inertie politique face à la hausse du coût salarial va torpiller des emplois. Le chômage temporaire est une manière d'éviter les licenciements et de retrouver son personnel en cas de reprise de l'activité. Il était inconditionnel en période de Covid. Il ne l'est plus. Cela accroît la pression sur les employeurs incapables de payer encore les salaires. Il faut réduire le personnel… sachant que le coût du préavis risque de mettre l'entreprise en cessation de paiement. Une dispense de versement des cotisations sociales permettrait de maintenir des PME en vie, mais cela semble aussi non négociable pour les syndicats et non envisageable pour les responsables politiques.

Au bouclage de ce magazine, près de la mi-septembre, rien n'a été fait, ni par le fédéral, ni par les Régions wallonne et bruxelloise pour réduire la charge qui écrase les entreprises. Les responsables politiques, efficaces lors de la pandémie, sont aux abonnés absents.

SOS Europe !

Maîtriser les prix du gaz et de l'électricité sur les marchés ne peut se faire qu'au niveau européen. C'est évidemment compliqué !

Une solution réalisable est le découplage du prix de l'électricité et du gaz. Le kilowattheure (kWh) est vendu au prix de revient du dernier produit. Cela signifie qu'il est, dans les faits, couplé au prix du gaz puisque les centrales qui utilisent ce combustible sont les plus faciles à mettre en marche et à stopper. On n'arrête pas la production des énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique), ni celle du nucléaire. Dans les pays où le charbon est encore utilisé, ces centrales sont moins souples que celles au gaz.

Bref, le principe du prix aligné sur le coût de production du dernier kWh permet aujourd'hui de vendre très au-dessus du coût de production l'électricité fournie par d'autres moyens que le gaz. Il y a quelque chose à faire… qui est difficile dans un marché libéralisé. Fixer un prix inférieur au coût de production par le gaz met en péril la sécurité d'approvisionnement s'il n'y a pas de compensation ou de contrainte.

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