Échec de la gestion sanitaire
Du soulagement de l'été au chaos de l'automne

Le 3 juin, Sophie Wilmès alors Première ministre annonce la phase 3 du déconfinement. L'épidémie est sous contrôle. Les écoles rouvrent. Toutes les activités peuvent reprendre y compris, au 1er juillet, la culture, le sport et l'événementiel, avec des restrictions. Parce que oui, il faut rester prudent. Mais tout le monde connaît les gestes barrière. Les précautions sont prises dans les entreprises et lieux publics. Il y a des masques et des tests en suffisance. Le pire est passé. Le spectre d'une deuxième vague est évoqué pour l'automne, avec la rentrée scolaire et les retours de vacances. Mais si on ouvre l'œil, ça n'arrivera pas.

Les centres de test (ici à Charleroi) ont été chroniquement débordés.
© Jean-Luc Flémal/Belpress.com

Tintin ! Le 27 juillet, le gouvernement en affaires courantes resserre les boulons. Un peu. Puis il lâche du lest jusqu'au 23 septembre inclus où il annonce – enfin ! – un baromètre et une application Coronalert. Toute l'attention politique se porte à ce moment sur la formation du gouvernement De Croo. À partir du 7 octobre, celui-ci inverse la machine. Les restrictions s'accumulent, dans le désordre, jusqu'au second confinement, légèrement assoupli, décidé le 30 octobre. La situation sanitaire est déjà catastrophique. Liège passe pour la ville le plus infectée du monde. Des patients sont baladés d'un hôpital à l'autre et certains envoyés en Allemagne pour que tout le monde puisse être soigné par un personnel médical sur les genoux.

Responsables et victimes

Peut-être cherchera-t-on un jour les responsables de ce fiasco. Il y en a dans le monde politique, bien sûr, mais sans doute aussi chez les scientifiques et dans l'ensemble de la population. Les familles sont les principaux foyers de contamination. Beaucoup de bulles ont "explosé" au soleil de l'été.

Les victimes, elles, sont connues. Victimes sanitaires : plus de 450.000 personnes contaminées, un record par rapport à la population ; plus de 12.000 morts. Et entre ces deux chiffres, des malades plus ou moins graves dont certains marqués à jamais. Victimes économiques aussi : indépendants plongés dans la misère et dans des problèmes financiers insurmontables ; entreprises à deux doigts de la faillite et de la cessation.

La suite de l'histoire reste à écrire. La cacophonie entre les niveaux de pouvoir et les divisions patentes du gouvernement fédéral n'inspirent pas confiance. Mais le pire n'est jamais certain…

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