L'année de tous les espoirs
Suite des aides et plan de relance

Le bout du tunnel sanitaire est en vue. Il faut cependant prolonger les aides aux indépendants et aux entreprises aussi longtemps que durent les restrictions. Il faut en outre prévoir une solide aide au redémarrage.

En ce qui concerne la prolongation des aides, tant le fédéral que les Régions naviguent à vue. Le chômage force majeure subsiste pour les secteurs obligés de fermer. Le droit passerelle accordé aux indépendants évolue presque de mois en mois, mais perdure. Au moment de boucler ce magazine, il devait même rester double en février pour les activités interdites. Il demeure aussi accessible aux professionnels qui démontrent une perte de chiffre d'affaires d'au moins 40 % par rapport au même mois de 2019.

Oui, c'est compliqué avec des comptabilités trimestrielles ! La conséquence est un délai de paiement qui s'allonge. Les caisses d'assurances sociales – dont ce n'est pas le métier et qui ne reçoivent pas d'argent public – ont bien du mal à verser les droits passerelle aussi vite qu'en mars ou avril, vu les changements fréquents et les complexités accrues de la législation.

La Wallonie et Bruxelles ont accordé plusieurs vagues d'aides aux entreprises. Les montants sont plus élevés côté wallon mais la Région bruxelloise est seule à proposer une solution pour les loyers commerciaux. De nouveaux efforts devront être consentis dès février, si le moratoire sur les faillites se termine au 31 janvier. Il faudra donner aux entreprises viables un accès simple et bon marché à de l'argent frais pour éviter un tsunami de faillites. Des solutions existent déjà, comme le prêt ricochet qui permet d'obtenir 45.000 euros. Il faudra voir à l'épreuve des faits si ce qui est sur la table répond aux besoins.

Cinq axes pour la reprise

L'économie ne repartira pas rapidement sans un bon coup de fouet. La Belgique dispose de six milliards d'euros du fonds de relance européen, répartis à peu près moitié-moitié entre francophones et néerlandophones. Ce montant doit être utilisé comme socle pour attirer des investissements publics et privés. Au total, ce sont vingt-cinq milliards d'euros qui devraient soutenir la reprise.

L'Union européenne a défini cinq axes pour ces investissements : la numérisation, la durabilité, la productivité, la mobilité et le social. UCM est consultée et a déposé une liste de propositions pour diriger une partie substantielle de la manne vers les indépendants et les petites entreprises.

En ce qui concerne la numérisation, les investissements digitaux devraient être déductibles à 200 %, y compris ceux réalisés pour favoriser le télétravail. UCM demande des formations à prix réduit pour les indépendants et chefs de PME, le développement de sites de vente en ligne, un accès aux plateformes des Gafa, etc.

Quant à la durabilité, des mécanismes de primes ou de déduction fiscale doivent encourager la rénovation du bâti non résidentiel et l'acquisition de machines et outils de production moins énergivores et moins polluants. Il est important de donner aux PME un accès aux marchés publics en divisant les lots et en intégrant la valeur "circuit court" dans les critères de choix.

L'axe productivité ne doit pas oublier les PME. La première chose à faire est de proposer un accompagnement aux starters, pour optimiser leur business model, mais aussi aux entrepreneurs établis. Certains veulent croître. D'autres ­– un sur trois, dit-on – envisagent de changer leur mode de production suite à la crise. Il y a donc là une opportunité. La saisir suppose un accès au financement, ainsi qu'un maillage entre les PME et des clusters avec les grandes entreprises.

En ce qui concerne la mobilité, UCM prône le développement d'alternatives à la voiture, pour désengorger les villes, et le développement de l'intermodalité pour les transports de personnes et de marchandises.

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