Association belge nouvellement affiliée UCM
Reconnaître le psychothérapeute

Paul Kestemont, vice-président de l'Association belge de psychothérapie (ABP), plaide pour un plein statut de la profession.

L'Association belge de psychothérapie (ABP-BVP) est née fin des années 90, à l'initiative du Dr Willy Szafran, professeur émérite de psychiatrie à l'ULB et la VUB. Récemment affiliée chez UCM, l'association est directement connectée à l'EAP, son pendant européen, elle-même fondée en 1991 et présente dans 46 pays, rassemblant plus de 120.000 psychothérapeutes.

"Lorsque les premières questions autour de la profession ont été formulées, il a fallu aborder sa reconnaissance, pour donner une existence légale au métier et à l'exercice de la psychothérapie. L'idée étant de créer une identité et une profession autonome, exigeant un haut niveau de formation", détaille Paul Kestemont, vice-président de l'ABP.

Paul Kestemont (ABP) plaide pour une reconnaissance de la psychothérapie comme profession autonome.

Psychologue clinicien depuis 1982 et psychothérapeute depuis 1986, Paul Kestemont reçoit en cabinet privé et à la maison médicale de Gesves, où il exerce dans le cadre de projets de santé communautaire. Il est également chargé de cours à la SFU-Paris, un établissement privé d'enseignement supérieur, et est membre du conseil fédéral de la santé mentale. Composé de psychologues cliniciens, d'orthopédagogues cliniciens et de psychiatres, ce conseil rend des avis en matière de santé mentale au ministre de la Santé.

"L'ABP compte près de 300 membres adhérents ou effectifs, dont une partie sont titulaires du certificat européen de psychothérapie (CEP) délivré par l'EAP. Actuellement, en Belgique, cette discipline n'a pas le statut de profession autonome, elle est considérée comme un “acte”. Le but que l'ABP a poursuivi durant plusieurs années a été de la faire exister en tant que profession autonome, comme c'est le cas entre autres en Irlande, Autriche, à Malte et tout récemment en Allemagne, ce pays venant de modifier sa loi au profit d'une pleine reconnaissance du métier de psychothérapeute." Aujourd'hui, en Belgique, la psychothérapie est reconnue comme un exercice que seuls les psychologues cliniciens, les orthopédagogues cliniciens et les médecins peuvent pratiquer moyennant une formation spécifique de 70 crédits ECTS (European credit transfer scale) en haute école ou à l'université. Elle n'est donc pas devenue une profession autonome. Des mesures transitoires existent cependant pour les praticiens qui ne sont ni psychologues ni médecins et qui exerçaient la psychothérapie avant septembre 2016.

"L'association belge continue au niveau européen son travail pour l'obtention d'une reconnaissance de la profession de psychothérapeute comme profession autonome. Elle est présente dans les différents meetings de l'EAP, participe aux congrès internationaux initiés par cette dernière et vise à diffuser le CEP auprès des praticiens de la psychothérapie en Belgique. Elle représente également tous les praticiens qui souhaiteraient voir leur profession reconnue comme profession autonome", détaille le praticien.

Et de conclure : "Les approches, qu'elles soient acte ou profession, ont le même souci : aider le patient à résoudre son mal-être."

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