Rapport polémique de Greenpeace
Le modèle agricole wallon est... un modèle

Greenpeace appelle les Belges à consommer et produire moins de viande. Un rapport de l'ONG internationale estime que le pays produit deux fois plus de viande qu'il n'en consomme, alors que ses habitants ont une alimentation trop carnée. Les élevages industriels et l'import-export de produits de boucherie nuisent au bien-être animal et à la planète, dit l'étude.

Marianne Streel, présidente de la Fédération wallonne de l'agriculture, plaide pour une responsabilisation du consommateur.

"Greenpeace regarde le pays dans son ensemble et ne prend pas en compte les spécificités wallonnes", réagit Marianne Streel, présidente de la Fédération wallonne de l'agriculture (FWA). "Notre agriculture est complètement différente du modèle flamand, en raison de la nature du sol et du climat. Au nord, l'agriculture est très urbanisée car la profession dispose de peu de sols. En Wallonie, 48 % du territoire est consacré à l'agriculture. Nous avons des forêts, des plaines et de grands espaces qui nous permettent de travailler autrement."

Exploitation raisonnée des sols, recherche de la qualité et attachement à la terre sont des caractéristiques wallonnes. "Un exploitant agricole est un chef d'entreprise, qui prend des risques et des décisions importantes, paye des taxes et fait de gros emprunts. Il emploie de la main-d'œuvre qui, dans 85 % des cas, est constituée de ses proches. En effet, notre mode de fonctionnement est essentiellement familial et ça change tout. C'est la garantie d'une gestion responsable et pérenne. Nous n'avons pas chez nous d'investisseurs qui créent des usines à viande dans l'unique but d'en retirer un profit maximum. L'agriculture wallonne ne joue pas dans la même cour."

La présidente de la FWA ajoute : "L'exploitant agricole fait face à des normes de plus en plus strictes en ce qui concerne les pesticides, le bien-être animal et les contrôles sanitaires. En Wallonie, neuf contrôles Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, NDLR) sur dix débouchent sur une note positive. Si nos enfants obtenaient le même résultat à l'école, on serait heureux !"

La faiblesse du modèle wallon de production familiale est l'extrême pression sur les prix exercée par l'industrie et le goût pour l'exotisme. Le rapport de Greenpeace a au moins le mérite d'inciter les Belges à réfléchir sur leurs habitudes. "Le consommateur est le dernier maillon de la chaîne alimentaire et son comportement est décisif. S'il se détourne des produits locaux, il décourage nos exploitants agricoles. S'il ne recherche pas la qualité et se laisse séduire par le bla-bla des publicités, il accroît la souffrance de notre métier. Il reste 12.000 exploitations agricoles en Wallonie, dirigées par des personnes souvent de plus de 55 ans, attachées aux traditions et qui sont inquiètes pour l'avenir. Mais je suis convaincue que nous allons tous nous diriger vers une plus grande durabilité. L'économie circulaire est à la mode. En réalité, on la pratique depuis la nuit des temps dans nos fermes wallonnes. C'est zéro gaspillage !"

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