La musique doit se payer
Unisono, la plateforme qui simplifie les démarches

De nombreuses entreprises diffusent de la musique sur le lieu de travail. Les restaurateurs et autres commerçants en font autant dans leur établissement, tout comme des titulaires de profession libérale dans leur salle d'attente.

Ce n'est pas gratuit ! Il faut payer des droits d'auteur à la Sabam et des droits dits voisins à la Simim (pour les interprètes) et à Playright (pour les producteurs). Cela fait des années qu'UCM demande à ces trois sociétés de s'entendre pour harmoniser leur travail : une seule déclaration, une seule facture, un contrôle unique. Message reçu. Désormais, la plateforme Unisono est accessible pour les entreprises (diffusion de musique en interne). À partir du 1er janvier prochain, elle sera également ouverte aux établissements commerciaux (magasins, horeca, professions libérales, événements…). Les tarifs seront globalisés. Pour les indépendants et les chefs de PME, les obligations seront donc plus lisibles et les démarches divisées par deux.

Les trois sociétés vont réaliser des économies d'échelle mais ne baisseront pas leurs prix. L'argent sera investi dans une amélioration du contrôle et de la perception.

Valeur ajoutée

Diffuser de la musique auprès de ses salariés et/ou ses clients représente donc un coût, mais aussi une valeur ajoutée. Selon une enquête commandée par la Sabam (1.015 personnes sondées), 78 % des Belges apprécient la musique dans les lieux publics, 83 % dans les salles d'attente et 71 % sur leur lieu de travail. Les salariés sont 56 % à se trouver plus productifs s'ils travaillent avec un fond sonore.

La même enquête auprès des entrepreneurs (300 répondants) indique que 84 % des commerces et 98 % des établissements horeca diffusent de la musique. Parmi les 16 % qui préfèrent le silence, deux sur trois justifient ce choix par la nature de l'activité, un sur trois par le coût de la Sabam et des droits voisins. Globalement, deux entrepreneurs sur trois estiment correct de rémunérer les auteurs, interprètes et éditeurs.

Les trois sociétés réunies sur la plateforme Unisono sont énormes. La Sabam, créée en 1922, a réparti l'an dernier 115 millions d'euros de droits d'auteur en Belgique et à l'étranger. Elle gère les intérêts de 41.000 artistes belges, dans le pays et hors frontières. La Simim en fait autant pour les interprètes avec des chiffres plus modestes : 18 millions d'euros par an pour 15.000 artistes. Playright a brassé l'an dernier 20 millions d'euros au bénéfice de 1.800 producteurs, depuis les plus grandes maisons jusqu'à de simples individus.

Les tarifs

 

Sur le site de la Sabam, un simulateur permet d'évaluer le montant dû en droits d'auteur et droits voisins par les professionnels. Il existe une multitude de tarifs selon la taille de l'entreprise, le lieu et le mode de diffusion, etc.

Pour donner des repères, un titulaire de profession libérale doit payer environ 260 euros par an pour sa salle d'attente. Pour un restaurant de grande taille, on atteint une somme annuelle de 700 à 750 euros.

Une PME de dix personnes paiera 150 euros pour une simple fête du personnel, 230 euros par an si la musique est diffusée sur le lieu de travail.

Notons que débourser moins (environ la moitié) est possible en s'abonnant à des sites comme RadioSparx, qui proposent de la musique libre de droits ou dont les auteurs et interprètes n'ont pas confié leurs intérêts aux sociétés classiques (Sabam, Sacem en France…).

 

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