La santé des PME au scanner
Amélioration globale, mais la productivité s'érode

La dixième édition du rapport PME réalisé par Graydon, avec la collaboration de l'UCM et de l'Unizo, mesure la santé financière des PME, avec une déclinaison par Régions.

Le nombre d'entreprises est à la hausse, en personne physique comme en personne morale. On atteint respectivement les chiffres de 555.742 et 579.938, soit au total plus de 1,1 million. Toutefois, ce chiffre inclut les sociétés unipersonnelles et les indépendants à titre complémentaire. Les PME qui emploient entre un et cinquante salariés ne sont que 121.490 dans le pays : 76.694 en Flandre, 32.176 en Wallonie et 12.620 à Bruxelles. La tendance est inquiétante puisque le nombre de ces entreprises avec du personnel est en constante diminution depuis dix ans. La dernière baisse annuelle est forte (- 6.156) et se marque dans les trois Régions.

Pourtant, les PME sont en bonne santé financière. Le degré d'endettement ne cesse de diminuer depuis 2013 et les liquidités augmentent. À l'analyse des comptes déposés à la Banque nationale, il n'y a qu'un feu orange : une érosion de la productivité (valeur ajoutée créée par rapport au coût salarial). Elle tire à la baisse la rentabilité nette des fonds propres après impôt.

Globalement, le "fitomètre" (algorithme de Graydon qui permet de mesurer la santé financière générale de l'entreprise) continue à s'améliorer en Flandre et à Bruxelles. En Wallonie, il est en stagnation. Les profils se répartissent comme suit : 11,3 % des entreprises belges présentent des risques de faillite, 12,6 % sont stables et 76 % affichent un réel potentiel de développement. C'est la Wallonie qui compte le plus grand nombre d'entreprises à potentiel de développement (78,1 %). Le pourcentage d'entreprises concernées par un risque de faillite se réduit chaque année depuis 2008.

En exposant le rapport, l'UCM a émis quatre recommandations. La lutte contre les pénuries de main-d'œuvre, qui exercent une pression à la hausse sur les salaires, doit s'intensifier. La borne bas salaires doit être correctement indexée pour garantir une réelle diminution des charges patronales. Les mécanismes d'évolution des barèmes doivent être adaptés à l'allongement des carrières. Enfin, il faut évaluer la réforme de l'impôt des sociétés pour vérifier son impact positif sur la rentabilité nette des fonds propres après impôt.

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