Aujourd'hui déchets, demain ressource

Actuellement, l'économie fonctionne essentiellement selon un modèle linéaire, qui consiste à exploiter les ressources naturelles de manière à les extraire, les transformer en produits, utiliser ceux-ci et enfin, les jeter. A contrario, l'économie circulaire prône une gestion efficiente des ressources/des matières dans laquelle leur valeur est conservée au maximum tout au long de leur cycle de vie.

Au travers de ses différents piliers (éco-conception, écologie industrielle, économie de la fonctionnalité…), l'économie circulaire se base sur des démarches scientifiques, techniques et pratiques pour appréhender et faire évoluer les modes de production classiques linéaires selon un cercle vertueux.

Par leur production de déchets et leur consommation de ressources et d'énergie, mais aussi leur influence sur le comportement des consommateurs, les entreprises ont un rôle moteur à jouer dans la transition du linéaire vers le circulaire. S'agissant des déchets, un tri bien effectué au sein de l'entreprise leur donne de la valeur en ouvrant la possibilité à leur remise sur le marché. Ils bénéficient ainsi d'une seconde vie et deviennent une nouvelle ressource exploitable.

D'après un recensement effectué par l'organisme Valipac, les entreprises belges ont produit en 2017 plus de 4 millions de tonnes de déchets dont plus ou moins deux tiers ont fait l'objet d'un tri en entreprise. Ce sont les métaux, le papier carton et le bois qui sont les flux les plus triés. Les verres et les plastiques, quant à eux, figurent en bout de liste. L'enjeu est donc de continuer à optimiser la circularité des flux de matière.

L'Europe a mis en place un outil via la directive 2008/98/CE du 19 novembre 2008 relative aux déchets. Elle établit un ordre de préférence pour leur traitement optimal, inspirée de l'échelle de Lansink (lire par ailleurs). Cela nécessite de bien connaître et respecter la législation environnementale en vigueur concernant les déchets : les obligations de tri et de reprise, les conditions de stockage, de collecte et de transport, ainsi que les règles relatives aux déchets dangereux.

Pour entrer dans une dynamique où le déchet devient ressource, une politique efficace de gestion des déchets au sein des entreprises est indispensable.

Trier pour mieux valoriser

Trier les déchets permet de réaliser des économies.

La première étape consiste en un tri optimal. Les entreprises sont soumises à une obligation de tri en interne de quinze catégories de déchets. Avant d'y procéder, il convient d'étudier plusieurs points comme la communication au personnel, le placement de pictogrammes ou d'affiches, la possibilité d'obtenir des incitants économiques, l'élaboration d'un plan reprenant la localisation des déchets… Cette pratique permet de quantifier plus précisément les différents flux de déchets, d'identifier les types de services de collecte et les coûts associés. Des erreurs de tri mènent souvent à des surcoûts. Des cartons et des PMC dans la poubelle/le conteneur tout venant ou la présence de solvants chlorés dans d'autres solvants coûtent davantage que les déchets collectés séparément. Maîtriser et connaître ses flux de déchets permet, dès lors, de mieux cibler les actions à entreprendre. Par ailleurs, les déchets non soumis à obligation de tri peuvent toutefois aussi être facilement triés. C'est le cas de la frigolite.

Des déchets de qualité, moins de déchets dangereux

Les emballages en plastique constituent une des grandes fractions de déchets présents en entreprise. En Belgique, d'après l'étude Valipac, les films plastique ne sont triés que par une entreprise sur six. Il faut s'atteler à la tâche. Ensuite, pour valoriser plus facilement ces emballages, on évitera les matériaux auxiliaires (colles, adhésif…) et/ou les substances toxiques. Il peut être intéressant de voir plus loin, différemment, en recourant à des emballages réutilisables pour les livraisons, des systèmes de recharge ou de consigne, afin d'éviter ces déchets plastique.

Quels sont les déchets dangereux ? Tous ceux présentant au moins une caractéristique de danger pour la santé ou l'environnement. Leur tri permet particulièrement de réaliser des économies. À titre d'exemple, le secteur automobile génère une multitude de déchets dangereux comme les batteries, les huiles usagées, les filtres à huile usagés, les véhicules hors d'usage, des déchets textiles souillés par des hydrocarbures, des emballages ayant contenu des produits dangereux… Les garages ont bien sûr des obligations de tri et de stockage. Penser à réduire la quantité et la nocivité de ces déchets participe aussi à une bonne gestion. Les pistes sont nombreuses : privilégier les grands conditionnements, les produits recyclés, bannir les produits non recyclables, en choisir de biodégradables, éviter tout contact entre déchets dangereux et déchets non souillés, bien différencier les conteneurs, etc. Ajoutons que des primes sont octroyées pour le tri et la reprise des huiles usagées et des batteries.

Une dernière voie est d'oser le remplacement d'un produit dangereux par un produit non dangereux ayant la même utilité pour l'entreprise. Avec un avantage supplémentaire : le non dangereux sera plus facile et donc moins cher à évacuer et à éliminer. Des solutions concrètes de substitution existent et de nouvelles apparaissent régulièrement.

L'échelle de Lansink, quèsaco ?

L'idée centrale de ce modèle à cinq niveaux est d'éviter l'apparition du déchet ou de réduire son volume et/ou sa nocivité par des mesures préventives et de gestion. La meilleure solution prônée, tout en haut de l'échelle de Lansink, est la prévention, à savoir l'étape où la réflexion porte sur la création d'un produit, afin de faire en sorte que celui-ci génère peu voire pas de déchets, défendant ainsi l'idée que le meilleur déchet est celui qui n'existe pas.

Ensuite vient la réutilisation d'un produit en tant que tel, notamment par le biais de l'allongement de sa durée de vie. La préparation en vue du réemploi englobe la notion de la modification possible qui suit la récupération de l'élément. Elle regroupe les actions destinées à démonter, redimensionner, contrôler, nettoyer, remettre à neuf et réassembler les matériaux récupérés, sans fondamentalement changer leur aspect, en vue de la valorisation.

Stade trois : un déchet qui n'est pas réutilisé ou réemployé passe alors par le tri, la collecte, le recyclage, le traitement et la valorisation. En d'autres termes, le déchet va être traité à nouveau en produits, matières en conservant ou non leur fonction de base.

La valorisation énergétique, comme combustible ou en remblais, entre dans la quatrième catégorie "autre valorisation".

Enfin, tout au bas de l'échelle, on trouve la mise en décharge, qui est absolument à éviter.

 

Votre accompagnement UCM

Diagnostic déchets

 

UCM propose à toutes les T/PME wallonnes de tous les secteurs professionnels un service d'accompagnement "diagnostic déchets". Il s'agit d'identifier et quantifier les flux de déchets, de les corréler avec le respect de la législation ainsi que de définir les coûts de gestion de ceux-ci et les économies pouvant être réalisées en optimisant cette gestion.

Pratiquement, les conseillers UCM analysent sur le terrain plusieurs aspects de la gestion des déchets produits par l'entreprise. Le rapport dresse un état des lieux (inventaire des déchets, identification des procédés générateurs, quantification), livre une analyse de la conformité réglementaire et formule des recommandations pour la mise aux normes. Il établit aussi un comparatif entre le coût global de la gestion actuelle des déchets et le coût après intégration des obligations en la matière. Enfin sont présentées des solutions pour optimiser la gestion, la collecte, le recyclage et la valorisation des déchets, avec une estimation du coût et des économies que pourraient engendrer ces pistes.

 

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Grâce au diagnostic UCM, Valérie Halleux a amélioré la gestion des déchets de son entreprise.

L'expérience des Charpentes Halleux

À Thimister-Clermont, l'entreprise Halleux est spécialisée en construction à ossature bois, en charpentes industrialisées et traditionnelles. Elle occupe une quarantaine de personnes.

Valérie Halleux a sollicité UCM pour un diagnostic déchets en 2018. Elle a bien pris conscience de la responsabilité sociétale de son entreprise, que ce soit en termes environnementaux ou économiques mais aussi par rapport au bien-être du personnel. Témoignage…

  • - Qu'est-ce qui vous a poussée à demander le diagnostic déchets de votre établissement ?

    - La gestion des déchets est devenue un défi dans notre société, autant pour les particuliers que pour les entreprises. Concrètement, il y avait certaines fractions de déchets que je voulais gérer autrement mais je ne savais pas comment procéder. Le diagnostic permettait de passer en revue la gestion de nos déchets, de faire le point sur ce qui était déjà mis en place et ce qui devait encore l'être.

  • - Comment s'est passée votre relation avec le service environnement UCM ?

    - J'ai trouvé la collaboration agréable. Le point fort de l'accompagnement était la bienveillance des conseillers. Ils n'étaient pas là pour juger ou contrôler mais réellement pour aider à nous améliorer en nous apportant des solutions. Autre point important : cela n'a pas été chronophage. Le rapport était clair et assez complet. Les conseils étaient réalistes. Nous n'avons pas tout mis en pratique car certaines pistes nous concernaient moins mais ça nous a vraiment mis le pied à l'étrier.

  • - Beaucoup d'entreprises ne sont pas en ordre avec la législation relative aux déchets. Était-ce votre cas ?

    - Il y avait un type de déchets qu'on ne triait pas : les aérosols vides. Après le diagnostic, on a commencé à les rassembler et conclu un contrat pour leur enlèvement. Nous sommes maintenant en ordre sur ce point.

  • - Avez-vous rencontré des freins ou difficultés dans la concrétisation des solutions proposées ?

    - Avant de mettre les solutions en place, j'ai vraiment communiqué avec les membres du personnel pour voir comment on pouvait procéder pour ne pas leur compliquer la vie. C'est un travail de sensibilisation. On a discuté de l'emplacement des conteneurs pour qu'ils soient facilement accessibles et à proximité du déchet produit. Par exemple, pour le carton, il y a trois conteneurs bien répartis sur le site. Nous avons aussi remplacé notre conteneur tout venant par un autre moins haut et plus ergonomique, dont les portes sont facilement accessibles. Mes collaborateurs viennent me dire spontanément que ces changements sont vraiment positifs.

  • - Le rapport UCM est-il pleinement satisfaisant ?

    - Absolument. Au-delà, il serait intéressant d'échanger avec d'autres entreprises pour voir quelles sont leurs pratiques et pouvoir piocher des bonnes idées chez les autres. La gestion des déchets représente un défi commun à la majorité des entreprises, le partage d'expériences peut certainement être utile sur des thématiques précises.

  • - Où en est à présent votre gestion des déchets ?

    - On cherche encore à s'améliorer en réduisant la quantité de déchets, surtout ceux qui ne sont pas valorisables. Par exemple, on essaye de travailler avec un matériau d'isolation plus écologique et produisant moins de chutes que la laine de verre. On propose maintenant à nos clients d'isoler en flocons de cellulose. Sa manipulation est plus aisée pour nos ouvriers et, en outre, ça gratte moins que la laine de verre. Il y a d'autres idées concernant la chaîne de production, ainsi que les bureaux où nous sommes encore très dépendants du papier. Mais le chantier est fameux parce que c'est toute une organisation d'entreprise à revoir. Soulignons enfin la volonté du secteur construction d'œuvrer à l'économie circulaire via le réemploi de certains matériaux. C'est prometteur. Il reste beaucoup à faire, je suis encore au début de la démarche.

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