Le bien-être au travail est un but, pas une contrainte

  • Le bien-être au travail est gage de fidélisation et de performance.

L'employeur est soumis à de lourdes obligations légales pour le bien-être de ses salariés. Il peut les remplir de façon formelle, ou se soucier réellement de la qualité de vie au travail, sans s'oublier lui-même. Il est le premier travailleur de son entreprise.

Thierry Evens & Isabelle Morgante

La loi de 1996 sur le bien-être au travail a été modifiée 33 fois en 22 ans. Ses arrêtés d'exécution viennent d'être publiés sous forme de code : dix livres, quarante-neuf chapitres ! Aucun employeur ne peut connaître l'ensemble de ses obligations même si, pour les petites entreprises, c'est relativement simplifié.

Dès la première embauche, le patron doit s'affilier à un service externe de prévention et de protection au travail (SEPP). Ça lui coûtera au minimum 35,50 euros par salarié et par an s'il emploie moins de cinq personnes dans un secteur à faibles risques. Cela monte à 112 euros si l'entreprise compte plus de cinq travailleurs et a une activité à risques.

C'est le SEPP ou la médecine du travail qui va réaliser l'analyse des risques. Il faudra en tenir compte dans le règlement de travail, obligatoire même pour une seule personne. Il doit comporter, entre autres, un volet "gestion de l'alcool et de la drogue dans l'entreprise". Le Secrétariat social UCM peut aider à rédiger ce règlement ou à le mettre à jour.

L'employeur doit désigner un conseiller en prévention. Cela peut être lui-même si l'entreprise compte moins de vingt salariés. Quant à la "personne de confiance" pour l'amélioration du bien-être, il peut aussi s'agir du patron dans une PME. Mais, dans tous les cas, il faut un conseiller externe pour les risques psychosociaux, en particulier le burnout et le harcèlement sexuel ou moral. Ce sera en général le médecin du SEPP.

De loin en loin, l'employeur doit remplir des enquêtes et rentrer des rapports sur le bien-être au travail. C'est une charge administrative non négligeable.

Et moi, alors ?

À toutes les étapes de l'édification du code sur le bien-être au travail, l'UCM a veillé à réduire les charges pour les petites entreprises. C'est en grande partie réussi. Il est possible de remplir ses obligations à peu de frais et de façon formelle.

Mais attention : cela ne signifie pas que le sujet n'est pas important. Assurer la sécurité des collaborateurs est essentiel bien sûr, mais il faut aussi veiller, dans la mesure du possible, à ce qu'ils ne viennent pas au travail avec des pieds de plomb. Se sentir bien au boulot améliore la performance et fidélise le personnel. Simplement, il est inutile de multiplier les contraintes légales. Inciter, encourager se révèle plus efficace.

Dans cette optique, pouvoir compter sur une personne externe de référence est essentiel. Ce professionnel de la santé doit se tenir aussi à la disposition de l'employeur, pour toute question ou si celui-ci rencontre un problème, d'addiction par exemple, avec un salarié. L'UCM demande en outre que cette personne puisse être consultée par les indépendants et les chefs de PME pour eux-mêmes. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Il est clair pourtant que le burnout, la maladie de ce début de siècle, n'est pas le monopole des salariés. Et ce n'est qu'un exemple. Un code pour les uns et rien pour les autres : ce n'est pas équitable.

Répondre aux besoins

Plus tôt l'entrepreneur se forme, plus il réduit les risques d'erreur de management et de perte financière qui en découlent. À l'UCM, les conseillers et partenaires en gestion des ressources humaines proposent un éventail de formations sur des sujets variés et adaptés aux besoins des chefs d'entreprise, sous la houlette du programme UCM Academy. Celui-ci, renouvelé de semestre en semestre, est conçu principalement pour les employeurs, les personnes chargées de la gestion du personnel en entreprise ou, selon les thématiques, pour leurs collaborateurs. Organisées en groupe réduit, ces formations garantissent interactivité et partage d'expériences, et répondent aux besoins des entrepreneurs.

Des modules "sur mesure" sont également possibles, après une analyse des attentes spécifiques de l'entrepreneur.

UCM Academy, ce ne sont pas moins d'une dizaine de formations déjà inscrites au calendrier du second semestre 2018. Parmi elles, épinglons la session "people management" du vendredi 12 octobre prochain, principalement consacrée au "kit de survie du manager". Les 9 et 13 novembre, les thèmes "le manager leader" et "saisies cessions" seront développés, soit en matinée, soit sur la journée entière.

En pratique

Pour connaître les modalités d'inscription, les lieux où les formations sont dispensées et le programme complet : ucmacademy.be

"Ne pas faire l'autruche"

Le Cesi est un métronome d'entreprise. Il accompagne les entrepreneurs sur le chemin de la prévention, dispense des formations et propose des prestations qui visent le bien-être des travailleurs.

Le bien-être au travail couvre cinq champs d'action : santé, sécurité, risques psychosociaux, ergonomie et hygiène du travail. Depuis que le Cesi a été porté sur les fonts baptismaux il y a un demi-siècle, son travail s'est élargi. Aujourd'hui, plus de 17.000 entreprises y font appel, pour plus de 210.000 salariés. Et si son siège central est à Bruxelles, le Cesi compte 29 sites d'exploitation (principalement en Wallonie) et emploie 250 collaborateurs.

Accompagner et conseiller

Isabelle Montaigne plaide pour une mission "main dans la main" avec les employeurs plutôt que "dos à dos".
© nathaliehupin-photo.be

Isabelle Montaigne assume la direction administrative et financière du Cesi. Ingénieure commerciale de formation, ayant évolué dans le monde bancaire, elle a pris les rênes de l'organisme en mars dernier. "Même si l'affiliation à un organisme de notre type est obligatoire, notre raison d'être est d'aider et accompagner l'entrepreneur. Nous sommes également son consultant pour le volet légal de ses obligations. Nous partons du principe que le chef d'entreprise détient la santé morale et physique de son employé entre ses mains. Au fil des années, le Cesi n'a pas tourné le dos à son rôle de gardien de médecine du travail, qui reste son socle, mais nous avons élargi notre panel, notamment à la prévention des risques psychosociaux. La loi a évolué, le Cesi est bien dans ses baskets par rapport à ça", détaille Isabelle Montaigne.

L'approche du Cesi est participative et multidisciplinaire. Les experts et conseillers en prévention sont médecins du travail, ergonomes, ingénieurs en construction, électromécaniciens, chimistes, biochimistes, infirmières, assistants sociaux, toxicologues, hygiénistes industriels, psychologues ou encore kinésithérapeutes... Ils développent, avec le chef d'entreprise, "toutes les activités de prévention et de protection ayant pour objectif l'amélioration des conditions de travail". Par exemple, les ingénieurs agissent en prévention dans les menuiseries afin que les ouvriers n'inhalent pas de poussière de sciure de bois et ne développent pas de maladies. Ils veillent aussi à la bonne utilisation de produits par les opticiens, éloignent des substances chimiques et orientent l'entreprise vers des produits beaucoup plus respectueux. "Nous sommes des consultants, nous n'imposons rien, pointe Isabelle Montaigne. Nous aidons les entreprises à trouver des solutions, aux budgets variables, en fonction de leurs moyens financiers."

Catégories

La cotisation annuelle de l'entrepreneur sera liée à la "dangerosité" de son entreprise et au nombre de salariés, en fonction des Dimona. Ce qui compte, c'est la nature de l'entreprise et pas du travail. Les entreprises sont ainsi classifiées sur une échelle de 1 à 5, l'entreprise étant liée à une cotisation spécifique. C'est la loi qui fait office de gendarme, on ne discute ni ne marchande.

Comme expliqué ci-avant, le rôle du Cesi a évolué au fil des années, notamment en matière d'encadrement des aspects psychosociaux du travail. "Une équipe de psychologues accueille le travailleur au téléphone et peut converser avec lui durant une heure, via la hotline (voir encadré). C'est compris dans la cotisation et l'entrepreneur n'est pas mis au courant, pour garantir la confidentialité. Nous avons ainsi reçu plusieurs coups de fil de personnes se trouvant à proximité de la tuerie de Liège en mai dernier, et qui ont eu besoin d'extérioriser leur peur. Si le malaise perdure, une prise en charge plus spécifique est mise en place avec médiation, organisation de réunions etc. Ce service est alors facturé, mais peut faire l'objet d'un apurement", précise Isabelle Montaigne. Et de conclure : "Pour prévenir cette escalade, il faut travailler main dans la main et ne pas faire l'autruche. Nous ne contrôlons pas les entrepreneurs, nous les aidons et partons du principe qu'il vaut mieux prévenir que guérir."

[ cesi.be }

Une hotline pour venir en aide

Le Cesi a récemment pris le tournant digital, afin de coller au mieux à la réalité de terrain. L'organisme a mis à disposition des entrepreneurs MyCesi, un outil interactif et intuitif qui permet d'enrichir (notamment) son profil privé. Moyennant une simple inscription sur le site cesi.be, l'entrepreneur a accès à ses documents et contacts, peut piocher des infos dans la banque de données du centre de documentation sur le bien-être au travail (Cediom) et effectuer en temps réel reporting et facturation. À cela s'ajoute l'adresse mail invoice@cesi.be, au bout de laquelle une réponse est assurée dans les 48 heures. Parallèlement à ce dispositif, le Cesi s'est doté d'une hotline : le numéro 02/761.14.74 permet aux entrepreneurs et à leurs collaborateurs d'entrer en contact avec une équipe de psychologues. Ceux-ci vont déminer le terrain sensible et apporter un début de solution, afin de désamorcer le malaise. Via cette hotline toujours, un duo médecin/assistante paramédicale devient le point de contact privilégié de l'entreprise, plus spécifiquement pour les petites structures.

Quelques chiffres

Dans le rapport annuel 2017 de l'organisme, on apprend que c'est le secteur des soins de santé qui compte le plus grand nombre de travailleurs suivis par le Cesi (70.310, soit 27,6 %) et que les entreprises de la construction sont les plus représentées au sein du panel (2.497 ou 16,6 %). Le Cesi a enregistré l'année dernière 1.564 demandes d'interventions psychosociales et a tenu 113.107 consultations, dont 30.602 en entreprise et 28.788 en unité mobile, soit plus de 15.000 heures prestées en clientèle par l'unité de gestion de risques.

"La santé, notre capital"

Pascale Farcy, c'est Do It Before, qui prodigue de nombreux et judicieux conseils pour prévenir les mauvaises postures et la douleur.

Dans sa bandagisterie d'Éghezée, Pascale Farcy propose, au travers de Do It Before, de faire de la prévention la meilleure alliée contre les problèmes musculaires et squelettiques.

C'est en 2010 que la Bruxelloise d'origine Pascale Farcy reprend une bandagisterie de la chaussée de Louvain à Éghezée. Bibliothécaire documentaliste de formation, elle a d'abord travaillé dans une librairie, puis a enchaîné dans la délégation médicale pour deux décennies. Son métier d'alors l'a conduite à entrer dans les maisons de repos et les hôpitaux. "C'est là où j'ai été sensibilisée à l'être humain. J'avais à peine 25 ans mais mon intérêt vient de cette époque. J'ai toujours été indépendante et ai exercé ce métier pendant une vingtaine d'années avant de recevoir une proposition d'un de mes clients, qui ouvrait une bandagisterie. J'ai réfléchi quelques semaines puis me suis lancée, c'était en 2010."

Un commerce "pas comme les autres", un espace-temps, souvent exutoire des soucis et du mal-être de sa clientèle. "Il faut savoir gérer ce boulot et l'aborder. En l'espace de quelques instants, je peux aider un enfant blessé au foot et une dame à qui je dois conseiller une prothèse après un cancer du sein. Il faut savoir faire preuve d'empathie, d'écoute et aussi d'humour, pour aider la personne à prendre du recul."

Cela dit, Pascale porte un regard éclairé sur sa profession et sur le peu de cas que certains clients font de leur santé. "J'ai parfois l'impression que les gens ont perdu le bon sens vis-à-vis de leur santé et du fonctionnement de leur corps. De manière générale, chaque être humain vit la douleur différemment. De mon côté, j'évacue tout ce stress en fermant la porte du magasin le samedi après-midi. Je quitte la commune, c'est ma manière d'évacuer et de faire autre chose. De retrouver un capital patience également. Bref de m'octroyer une soupape."

Agir avant d'avoir mal

Pascale, en plus des pauses hors de son commerce, s'épanouit autour de Do It Before, un concept de prévention qu'elle développe sur le site internet du même nom. Partant du principe qu'il vaut mieux prévenir que guérir, elle privilégie la remise en selle des patients. "L'idée est de proposer aux gens d'écouter leur corps. Je pense que la douleur prévient et met le focus sur quelque chose qui ne fonctionne pas. Plus on attend, pire c'est et plus c'est compliqué à réparer. L'idéal est d'agir avant même d'avoir mal."

Comment ? Il convient d'adopter la bonne position au volant et au bureau, d'utiliser une ceinture de soutien quand on porte des charges lourdes, de privilégier un ballon d'assise à une chaise, de porter des bas de contention si on reste debout. "Je travaille avec des entreprises de livraison qui offrent des coussins à leurs chauffeurs. Un livreur qui ne souffre pas du dos et sourit en déposant un colis contribue aussi à la bonne image de son employeur. Il faut arrêter d'avoir mal sans réagir !", s'exclame-t-elle. Cela vaut à toutes les étapes de la vie. "Mon boulot consiste à redonner de la dignité et même si, dans le pire des cas, il nous reste trois mois, autant les vivre sereinement. Arrêtons de persister dans la plainte", conclut-elle.

[ doitbefore.com }

"UCM Academy ? Chacun y trouve son bonheur !"

Anne-Sophie Quevrain a suivi quatre formations UCM Academy consacrées au bien-être au travail.

Anne-Sophie Quevrain est administratrice de la concession éponyme. Le garage familial existe depuis 1927, il propose chaussée de Marche à Namur (Erpent) les marques Jaguar, Land Rover et Mazda, et emploie cinquante personnes. La jeune femme, qui représente la dernière génération, a suivi quatre formations UCM Academy en people management à la fin de l'année dernière. "Quand je suis arrivée au garage, j'ai d'abord appris le job pour lequel j'étais là. Puis, j'ai vécu l'arrivée de nouvelles marques, c'est beaucoup de changements en dix ans. Nous avons donc logiquement engagé du monde et j'ai été de plus en plus amenée à gérer des personnalités différentes. Il a fallu aussi structurer l'organigramme, c'est la raison pour laquelle nous procédons à l'engagement d'un chef de vente. Ce dernier sera le référent, l'entièreté du personnel pouvant recevoir les formations dispensées par les marques."

Anne-Sophie n'a pas encore pu mettre en pratique l'entièreté du contenu des formations. Cela demande un temps précieux, souvent sacrifié sur l'autel de la gestion quotidienne. "J'ai beaucoup apprécié le module d'animation de réunion, j'en ai d'ailleurs déjà utilisé quelques aspects, ainsi que le volet importance des comptes rendus et de la préparation des réunions. Nous sommes beaucoup dans l'opérationnel, nous avançons petit caillou par petit caillou. Par exemple, nous mettons un point d'honneur à faire le tour des bureaux le matin pour saluer tout le monde. C'est important de se dire bonjour."

Le secteur automobile évolue très vite, cela nécessite information et formation. Les modules UCM Academy apportent une aide précieuse, à chacun d'en retirer ce qui lui est le plus utile et de l'exploiter...

[ ucmacademy.be }
[ quevrain.be }

 

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