Exporter, les PME peuvent le faire !

  • 5,3 %
    La croissance annuelle des exportations wallonnes depuis 1996
  • 20,9
    Milliards d'euros, les ventes hors wallonie en six mois
  • 25 %
    Des produits et services exportés le sont en france

 

Les grandes entreprises restent les poids lourds de l'exportation, mais les PME gagnent du terrain. Elles peuvent bénéficier d'aides et de soutiens spécifiques. Internet aidant, ça marche...

Au premier semestre 2017, les exportations wallonnes ont atteint 20,9 milliards d'euros. La barre des 40 milliards sera dépassée sur l'année complète. Ce n'était jamais arrivé ! Sur le long terme, la croissance des ventes wallonnes hors frontières est comparable à celle de la Flandre, un peu au-dessus de la moyenne de la zone euro. C'est un résultat magnifique compte tenu du repli de la sidérurgie. La métallurgie représente encore 27 % des exportations wallonnes. Elle a été dépassée par l'industrie chimique et pharmaceutique (33,1 %).

Ces deux secteurs sont dominés par des grandes entreprises. Les PME se glissent dans le jeu par le biais de partenariats, de "clusters", de sous-traitance. L'Awex (Agence wallonne à l'exportation et aux investissements étrangers) n'établit pas de statistiques en fonction de la taille des sociétés, mais veille à donner leur chance aux plus petites. Un chiffre montre qu'elles en profitent : 25 % des exportations wallonnes partent en France contre seulement 15 % en Allemagne, marché également voisin et de plus grande dimension. Cette différence est due à la barrière de la langue, handicap propre aux PME. Pour une grande entreprise, travailler en allemand ou en anglais n'est pas un problème.

Une gamme d'aides pratiques

L'Awex a développé trente outils pour soutenir l'exportation. L'agence a des relais dans les principaux pays du monde, des experts qui peuvent guider les entreprises sur le marché local. Il y en a 90, dont quatre en France, deux en Allemagne ou six en Chine !

Des aides ciblent les PME. Le support à la participation à des foires et salons a beaucoup de succès. L'Awex prend en charge 50 % des frais de location et d'aménagement d'un emplacement. Elle peut intervenir dans les frais de déplacement. La subvention est plafonnée à 50.000 euros par entreprise en trois ans, 75.000 euros pour les PME de moins de cinq ans.

L'agence propose aux PME une prise en charge à 50 % des frais de consultance d'un expert en commerce extérieur, en webmarketing ou en design. Internet est en effet un outil d'une incroyable puissance pour trouver des clients aux quatre coins du monde. Encore faut-il pouvoir l'utiliser...

Dans le même esprit, la réalisation d'outils de promotion (folders, brochures, catalogues, vidéos...) peut être prise en charge à 50 %, de même que les coûts d'insertion de publicités dans des revues professionnelles. Le plafond est de 10.000 euros en trois ans, 15.000 euros pour les PME de moins de cinq ans.

L'Awex met aussi à disposition des chèques coaching, des cours de langues subsidiés. Les TPE de moins de dix personnes peuvent même demander jusqu'à trois jours de consultance, gratuite, pour mettre au point un plan stratégique d'exportation ou pour résoudre un problème concret (contrat de partenariat, propriété intellectuelle, webmarketing...).

Enfin, un outil spécifique a été créé pour le financement des exportations. La Sofinex propose des prises de participation, des prêts ou des garanties à des conditions avantageuses.

[ awex.be }

 

Avec un numéro Eori

Depuis janvier 2017, l'entrepreneur belge qui importe, même occasionnellement, doit disposer d'un numéro Eori spécifique, que le pays du fournisseur soit dans l'Union européenne ou non.

Eori, c'est l'abréviation de "economic operators registration and identification". C'est en quelque sorte le sésame pour l'entreprise ou l'indépendant qui importe des marchandises depuis l'extérieur de l'Espace économique européen. Il s'agit d'un numéro d'identification unique, employé pour les échanges d'informations avec les autorités douanières. Cela concerne notamment les déclarations, demandes ou décisions.

Depuis 2009, les entreprises et indépendants exportant hors Union européenne étaient déjà concernés par cette obligation de disposer d'un numéro Eori. La nouveauté, c'est l'application de cette réglementation pour les importations, même occasionnelles.

Quand et comment ?

Le numéro Eori est obligatoire lorsque les marchandises sont importées à des fins commerciales ou lorsqu'elles sont destinées à être utilisées dans le cadre de l'activité professionnelle. Exemple : un indépendant achète un ordinateur aux États-Unis, destiné à réaliser ses tâches administratives et sa comptabilité. Dans ce cas, il doit disposer d'un numéro Eori. Autre situation : le gérant d'une société commande une voiture au Japon, pour son épouse qui ne fait pas partie de la société. Dans ce cas, pas besoin d'un numéro Eori.

En Belgique, le numéro Eori est identique au numéro d'entreprise et de TVA. La seule démarche à effectuer est donc de renseigner ce numéro auprès du SPF Finances.

Le Guichet d'entreprises UCM accompagne l'indépendant sur rendez-vous avec un conseiller. Il est possible d'effectuer les démarches à distance via le guichet en ligne (e-services.ucm.be). Toutes les questions peuvent aussi être posées par téléphone au 078/15.62.00 ou par e-mail via guichet.unique@ucm.be.

BON À SAVOIR

L'enregistrement du numéro Eori donne la possibilité d'être repris dans la base de données européenne Taxud-Eori. Une visibilité bien utile lorsque les activités de l'entreprise ou de l'indépendant dépassent les frontières de la Belgique.

Benoît Nihant :
"Vendre c'est bien, durer c'est mieux"

Le chocolatier et cacaofèvier Benoît Nihant pratique l'exportation depuis 2008. Sans mettre tous ses œufs dans le même panier et en sélectionnant drastiquement les points de chute de ses produits.

Pour Benoît Nihant (ici dans son atelier à Awans), les foires en collectivité avec l'Awex permettent de sonder le marché et de réaliser un excellent repérage avant de franchir le pas.

L'aventure entrepreneuriale du chocolatier et cacaofèvier liégeois Benoît Nihant vient de prendre une direction supplémentaire avec l'inauguration, voici quelques jours, d'un "bar à cacao" dans le passage Lemonnier, la plus ancienne galerie commerciale du pays, au cœur de la Cité ardente. C'est une diversification raisonnée et logique pour le couple Anne et Benoît, amoureux dans la vie et duo impressionnant sur la scène des PME wallonnes. Un défi qu'il relève à double titre : décliner son savoir-faire en un lieu de dégustation de pâtisseries concoctées à partir de produits estampillés par la maison.

Les produits Nihant voyagent depuis une dizaine d'années déjà. Si Benoît fabrique ses premiers chocolats dans l'atelier d'Embourg en 2007, il s'attache à exporter sa production dès l'année suivante, vers l'Allemagne. Petitement, pour des magasins spécialisés dans la vente de quelques chocolats de différentes provenances.

"Notre premier stand de collectivité, ce fut avec l'Awex (NDLR : Agence wallonne à l'exportation et aux investissements étrangers), en Allemagne, au salon de la confiserie. On lançait nos activités, on avait surtout envie d'explorer les différentes pistes, se souvient Anne. Nous préférions vendre dans nos boutiques mais c'était intéressant à vivre, dans le cadre de la recherche de clients et vu notre volonté de positionner nos produits." Puis vint le grand saut au Foodex, la "Mecque" des produits de bouche, au pays du Soleil levant. "Au Japon, il nous a fallu comprendre le marché et cet événement est un bon baromètre pour cela. Trop petits, nous cherchions surtout le retour et le ressenti de la clientèle sur nos productions", complète Benoît.

Le Japon, friand de luxe à l'européenne, aime ce qui est précis et délicat, apprécie les recettes originelles et sait reconnaître les produits de qualité. Il est aussi très rigoureux en matière d'import-export. Les livraisons sont très sévèrement contrôlées par les douanes, les transports sont onéreux, les prix au mètre carré des boutiques et des entreposages atteignent des records. Tout cela a un coût, que le Japonais connaît et qu'il assume au nom du "cérémonial chocolat". "Aujourd'hui, nous vendons dans 24 boutiques japonaises pop up, entre janvier et mai. Ensuite, le chocolat est remplacé par des produits qui résistent à l'humidité de l'été. Nos marchandises arrivent par bateau et avion, selon le degré d'urgence et de conservation. Nous travaillons avec un partenaire qui place nos produits mais, de manière très stratégique, c'est un contrat de "master franchise". Vendre là-bas, cela peut paraître assez simple, mais c'est compliqué d'y rester. Nous préférons grandir pas à pas et surtout choisir nos points de vente, au sommet de la pyramide, comme Isetan, le temple tokyoïte, qui est la référence."

La qualité avant tout

Depuis quelques mois, le tandem Nihant fait ses premiers pas à Dubaï (Émirats arabes unis), dans un mall flambant neuf. "C'est "la boutique chocolat", un espace de douze échoppes très luxueuses où nous sommes les seuls Belges. Nous ne travaillons pas en exclusivité pour le moment mais restons difficiles. Nous ne souhaitons pas faire du chiffre à tout prix, et surtout pas mettre tout notre potentiel exportation dans le même panier. Actuellement, ce secteur représente 12 % de notre chiffre d'affaires. Nous voulons des partenaires à long terme, qui comprennent et respectent nos produits. La part d'export ne devrait pas augmenter au-delà de ce pourcentage."

[ benoitnihant.be }

À chaque pays sa particularité

Conseiller paiements et commerce extérieur chez CBC Banque, Eddy Viseur est l'expert qui informe les PME en matière de sécurisation de transactions financières.

Eddy Viseur (CBC Banque), en liaison directe avec les entrepreneurs wallons.

Dans chacune des agences que compte le réseau CBC Banque, un chargé de relations est à la disposition de clients en quête d'informations concernant l'exportation. Ces indépendants et PME wallons sont ensuite dirigés vers Eddy Viseur : c'est lui qui peut les conseiller pour sécuriser les ventes et garantir les paiements. "Chaque pays a ses particularités, explique-t-il. Les clients exportateurs doivent souvent faire face à de nombreuses démarches, notamment administratives. Nous pouvons les informer, avant de les mettre en relation avec des organismes spécialisés en la matière." C'est donc une partition à plusieurs mains qui se joue entre l'entrepreneur, la banque et les organismes liés à l'activité d'exportation. "Notre démarche, dans un premier temps, est d'analyser la situation. Pour les entreprises exportatrices clientes ou en devenir, il est préférable que les transactions soient payées à l'avance mais si les deux parties ne parviennent pas à un accord, CBC Banque intervient pour garantir au mieux la marchandise vendue."

"Nous mettons tout en place pour que les systèmes de sécurisation, de plus en plus poussés, jouent leur rôle, poursuit Eddy Viseur. Mais il faut aussi tenir compte de la géopolitique qui influence les exportations. Le conseiller va prévenir les clients des risques encourus et les mettre en garde. Les PME wallonnes ont une telle diversité que nous touchons quasi le monde entier, même si l'Europe reste la zone d'exportation la plus importante."

CBC Banque accompagne également ses clients via sa nouvelle plateforme CBC Trade Club, communauté en ligne gratuite pour ceux qui veulent entreprendre à l'international.

[ trade.cbc.be/club/ }

 

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