AMB

Traitement les déchets médicaux

La circularité des déchets médicaux

31/08/20

Depuis près de vingt ans, le groupe familial montois AMB développe des équipements innovants pour le traitement les déchets médicaux. Son champ d'action est planétaire.

AMB Ecosteryl propose des machines de décontamination de déchets médicaux à travers le monde, dans plus de 60 pays. Ses principaux clients sont le secteur du traitement des déchets, le secteur des soins de santé et les États au travers de leur ministère de la santé ou de l'environnement.

Depuis sa création en 1947 à Jemappes, l'entreprise AMB (Ateliers mécaniques du Borinage) fournissait des assemblages et machines mécaniques pour l'industrie minière. Au début des années 2000, elle a opéré un virage radical vers le traitement des déchets médicaux. "C'était un fameux défi mais nous avons réussi, raconte Olivier Dufrasne, administrateur. De dix personnes à l'époque, nous sommes passés à une quarantaine actuellement. On vient de doubler la surface des hangars de production. Notre implantation dans le parc Initialis nous permet de nombreuses synergies avec les compétences en recherche-développement sur le site."

Selon un procédé basé sur les microondes, les déchets médicaux subissent une montée en température de 100 °C pendant une heure, ce qui assure leur désinfection et va favoriser leur traitement en aval. Le volume de déchets est diminué de 80 % par broyage. La durée de vie des machines dépasse les 25 ans.

Du besoin du client à son autonomie

"Nous vendons non seulement les machines, mais aussi un accompagnement et une formation technique", ajoute Olivier Dufrasne. Dès l'installation des appareils chez le client, AMB Ecosteryl assure un training pour les techniciens locaux en vue de leur permettre d'être autonomes dans la gestion quotidienne des outils. À titre d'anecdote, "nos formateurs ont été ravis le jour où un client tahitien nous a passé commande. Sur place, ils ont reçu l'accueil traditionnel par les chants, les colliers de fleurs et les vahinés. Une expérience inoubliable !"

Actuellement, le traitement de déchets hospitaliers et infectieux se résume soit en l'incinération, avec son cortège de rejets atmosphériques et sa forte consommation énergétique, soit en autoclave, une technique qui consomme beaucoup d'eau et d'énergie. "Les machines d'AMB Ecosteryl, elles, ne consomment que de l'électricité, ne rejettent rien dans l'atmosphère et ne consomment pas d'eau", détaille Olivier Dufrasne.

"La crise Covid a cristallisé la prise de conscience du traitement adéquat des déchets hospitaliers et on a vu une demande croissante pour nos produits. Une fois décontaminés, les déchets hospitaliers sont broyés, ce qui permet de réduire les volumes de 80 % ainsi que le coût du traitement. Voire d'envisager une phase de tri et recyclage des matières", renchérit l'administrateur.

Un nouveau concept, baptisé Néo-Ecosteryl, ajoute au système Ecosteryl une plateforme de tri optique permettant de séparer le PP (polypropylène) et le PE (polyéthylène) ou d'autres fractions à la demande du client. Ainsi, une partie des fractions triées peut être valorisée comme matière et réinjectée dans la fabrication d'autres objets. Les fractions à trier sont sélectionnées selon la volonté du client en fonction des possibilités de valorisation locale.

"Ce système n'est rentable que pour les plus gros centres de tri et traitement de déchets hospitaliers. Des fractions comme le PP (polypropylène), représentant environ 20 % des déchets de soins de santé, sont rachetées en France à 400 euros la tonne. Cela influence grandement le calcul de rentabilité des projets Néo-Ecosteryl. Ainsi, des déchets de seringues sont transformés en bacs jaunes pour hôpitaux. On boucle la boucle de l'économie circulaire des déchets biomédicaux. Ce dispositif unique au monde est belge, wallon et hennuyer", pointe fièrement Olivier Dufrasne.

Crise Covid et syndrome de la brosse à dents

En mars, la société AMB Ecosteryl a été sollicitée par de nombreux clients et acteurs du secteur de la santé, ainsi que par le gouvernement wallon, pour développer en urgence une nouvelle technologie de décontamination des masques chirurgicaux et FFP2, afin d'éviter l'amoncellement des déchets de masques et la dépendance aux pays tiers. "Il fallait permettre de décontaminer les masques plusieurs fois tout en gardant leur propriété filtrante initiale. De plus, chaque membre du personnel hospitalier devait retrouver ses propres masques. Pas question évidemment de recevoir le masque d'un collègue. Tout comme on n'accepterait pas la brosse à dent du voisin !", illustre Olivier Dufrasne.

En partenariat avec d'autres sociétés pour la technique de la chaleur sèche, AMB a repris les paramètres Ecosteryl pour garantir la décontamination de masques. Ainsi est né M-Steryl, un four pouvant traiter 2.000 masques individualisés par jour. Un système de boîtes de couleur facilite le retour de chaque masque décontaminé vers son propriétaire.

Esprit d'équipe boosté

"La motivation de notre équipe s'est décuplée sur ce projet. Le défi a été relevé en un temps record pour aider au mieux les services hospitaliers. Nos valeurs d'innovation, environnement, esprit d'équipe et autonomie ont ici pris tout leur sens. M-Steryl quadruple la durée de vie des masques et diminue d'autant le coût et le volume de déchets de masques. Pour certains “gros” clients, l'investissement est rentabilisé en deux jours !", assure Oliver Dufrasne. Et d'ajouter : "L'engagement de Sarah Thielens en tant que responsable de la communication et du marketing a permis de diffuser l'image d'AMB Ecosteryl à travers le monde pendant le confinement. Les commandes ne cessent d'affluer."

AMB Ecoteryl continue d'accroître ses parts de marché au niveau mondial. "Nous sommes déjà en bonne place et visons le leadership d'ici cinq à sept ans. Notre clientèle internationale et européenne nous offre un catalogue d'arguments de vente qui s'ajoute à l'expertise technique et technologique de notre équipe", conclut Olivier Dufrasne.

Revendiquant son identité wallonne, AMB Ecosteryl a la volonté de maintenir sa production locale, tout en accueillant en stage ou en formation des collaborateurs du monde entier, qu'ils soient colombiens, libanais, brésiliens, italiens, français ou canadiens. Le rayonnement mondial de la PME hennuyère promet encore de s'intensifier.

Carte d'identité de l'entreprise

AMB Ecosteryl SA

avenue Copernic 1
7000 Mons

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