Feprabel, organisation membre UCM
Les courtiers en mode "adaptation"

Les années 2020 et 2021 ont été chahutées pour les courtiers en assurances. 2022 a signé un retour à la normale. Sans effacer plusieurs défis, comme le rappelle leur fédération.

En 2020, les courtiers en assurances ont dû, comme bien d'autres professions, effectuer du télétravail lors de la crise Covid. Pas idéal quand on pratique une activité de conseil. En 2021, ils ont été sur le pont, afin de visiter les sinistrés des inondations et instruire les dossiers d'indemnisation à introduire auprès des compagnies d'assurance. Une mobilisation saluée. Quelque 90 % des dossiers ont en effet été clôturés.

En tant que CEO de Feprabel, Patrick Cauwert fait entendre la voix des courtiers francophones en assurances.
© Feprabel

Et l'année 2022 ? "Elle a constitué un certain retour à la normale", diagnostique Patrick Cauwert, CEO de Feprabel, la principale fédération francophone des courtiers en assurances et des intermédiaires financiers. Elle rassemble environ 850 membres. "Soit un millier de bureaux, vu que certains courtiers gèrent plusieurs filiales." Son pendant flamand est la FVF. Et son interlocuteur principal est Assuralia, la fédération des assureurs, dont les intérêts sont à la fois liés et différents.

On a souvent évoqué la disparition de ces intermédiaires indépendants au profit d'une distribution des assurances qui soit directe. En fait, il n'en est rien, même si des courtiers fusionnent et s'il y a une consolidation interne à ce secteur. Aujourd'hui, les bureaux de courtage restent le principal canal de vente : ils drainent 52 % des encaissements pour toutes les assurances. Le chiffre grimpe à 61 % pour les assurances non-vie (habitation, voiture, etc.) et même à 75 % pour les assurances professionnelles (RC, protection juridique, etc.). "Sur le long terme, notre part de marché est stable voire en légère progression", affirme Patrick Cauwert.

Priorités 2023

Ce "retour à la normale" ne signifie pas pour autant un temps calme. Une série d'enjeux restent d'actualité. Le premier d'entre eux concerne l'application des législations financières. Depuis quelques années déjà, et singulièrement depuis le krach de 2008, les autorités européennes et belges ont édicté une litanie de mesures pour mieux encadrer le secteur bancaire et, par extension totale ou partielle, celui des assurances. Exemples ? Les directives sur la transparence des instruments financiers (MiFID), sur la durabilité des produits de placement (SFDR), sur la lutte anti-blanchiment (AML), sur la protection des données (RGPD)…

"Intégrer toutes ces nouvelles obligations nécessite un travail considérable, témoigne le CEO. Car ces législations sont ultra complexes. Et qu'elles sont conçues pour les grands groupes, absolument pas pour les acteurs de terrain tels que les courtiers. Elles sont bien souvent inapplicables telles quelles à notre niveau. Trop théoriques. Trop disproportionnées. Donc, nous devons sans cesse discuter avec les législateurs et avec l'autorité belge chargée de leur respect, la FSMA (Financial Services and Markets Authority). Sur le fond, nous ne sommes pas opposés à plus de transparence mais celle-ci doit se faire de manière simple, réaliste, adaptée à nos pratiques." À court et moyen termes, de nouveaux textes juridiques sont encore en préparation. Les courtiers ne sont donc pas au bout de leurs peines.

Deuxième dossier : la digitalisation. Ici, la révolution est en marche. Grâce notamment à son partenaire informatique Portima, le secteur dispose aujourd'hui d'outils à la pointe : un réseau sécurisé (Portima Connect), une norme unique d'échange des données (Telebib), des logiciels de gestion spéciaux pour bureaux de courtage (Brio) ou encore une application pour que les clients puissent consulter leurs données ou déclarer un sinistre en ligne (MyBroker). "De façon générale, les courtiers ont maintenant compris que la digitalisation était un plus, qu'elle pouvait les soulager des tâches administratives et qu'elle ne remettait pas en cause leur fonction de conseil au client."

Le troisième dossier est le plus polémique. On parle de concurrence des banques. "Depuis quelque temps, on voit des organismes bancaires imposer leurs propres assurances à nos clients qui sont en train de négocier un prêt. Un exemple : si un restaurateur veut obtenir un crédit pour rénover son établissement, il est invité à renoncer à l'assurance revenu garanti qu'il possède chez son courtier pour en souscrire une nouvelle auprès de la banque. Ici, on ne parle pas d'offre conjointe (qui est autorisée par la loi, NDLR). C'est bel et bien de la concurrence déloyale, un abus de position dominante ! Faire cesser ce fléau sera une de nos priorités pour les mois à venir."

[ feprabel.be }

En Wallonie, les courtiers ont eu une charge de travail énorme suite aux inondations de juillet 2021. "Mais la mission a été accomplie", affirme aujourd'hui le dirigeant de Febrapel.
© Jean-Luc Flémal/Belpress.com

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