Vote historique pour les indépendants
La pension va devenir peu à peu proportionnelle

Dès cette année, un euro payé par un indépendant pour sa pension aura la même valeur qu'un euro payé par un salarié. Cela signifie qu'à terme, les montants des retraites seront les mêmes, proportionnels aux cotisations, quel que soit le statut.

La Chambre a voté à l'unanimité l'abolition immédiate du coefficient de 0,66 (porté à 0,69 pour les années 2019 et 2020) qui affecte les cotisations des indépendants pour le calcul de leur pension. En clair, jusqu'à présent, quand un indépendant versait un euro pour sa pension, seuls 66 centimes étaient pris en compte (69 en 2019 et 2020). À l'arrivée à 65 ans, le montant versé, automatiquement "écrasé", dépasse rarement et de très peu le minimum garanti aux salariés. L'existence de ce coefficient explique que la pension moyenne soit de 935 euros pour un indépendant et 1.374 euros pour un salarié ! Le plafond de pension peut dépasser 2.000 euros pour un salarié, mais jamais 1.500 euros pour un indépendant.

Faute de rétroactivité, les effets de cette suppression ne seront que très progressifs. Rien ne change pour le calcul des années antérieures. Les premiers à bénéficier d'une amélioration seront donc ceux qui prendront leur pension en 2022. Le changement sera minime puisqu'une seule année sera valorisée sans le coefficient réducteur. Les starters de cette année seront les premiers à toucher une pension totalement proportionnelle, en principe dans quarante-cinq ans soit en 2066. Mais le train est sur les rails. Année après année, les montants seront davantage proportionnels.

Victoire UCM

La pension est le souci numéro un des indépendants depuis toujours, et donc le combat social numéro un d'UCM. Il a fallu des années pour obtenir l'égalisation du minimum de pension avec les salariés. Objectif atteint en 2017. Il a fallu alors convaincre les partis de la nécessité de rétablir l'équité en supprimant le coefficient introduit en 1984, dans un autre monde ! Les cotisations trimestrielles varient entre 700 et 4.500 euros. Il est juste que les "gros" contributeurs obtiennent un retour raisonnable.

Une différence majeure subsiste entre les deux régimes : ce sont les années dites "assimilées" dont bénéficient les seuls salariés. Même s'ils ne cotisent plus (chômage, prépension, maladie, crédit-temps…), ils continuent à se constituer un droit de pension. Un indépendant qui ne peut plus payer ses cotisations se condamne, lui, à une carrière incomplète.

Pour les retraités

Le gouvernement De Croo a donné un solide coup de pouce aux pensions minimales (1.325 euros pour un isolé et une carrière complète à ce jour). Les montants ont été augmentés de 2,65 % en janvier. Ils seront à nouveau majorés de 2 % en juillet et de 2,65 % en janvier prochain soit au total, sur treize mois, un peu plus de 7 % au-delà de l'inflation.

Cette triple revalorisation concerne aussi bien les salariés que les indépendants. Mais en raison du coefficient réducteur de 0,66 qui vient d'être supprimé, les indépendants sont bien plus nombreux que les salariés à ne pas dépasser le minimum.

 

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