Fédération wallonne des entrepreneurs de pompes funèbres
Les pompes funèbres pensent à leur avenir

Prendre soin du défunt, accompagner les proches dans leurs démarches administratives et dans leur douleur : le métier d'entrepreneur de pompes funèbres est compliqué. Il se féminise depuis peu et doit bénéficier d'une meilleure définition…

La Fédération wallonne des entrepreneurs de pompes funèbres informe et défend ses membres, ainsi que toute la corporation.

Jean Geeurickx, président de la Fédération wallonne des entrepreneurs de pompes funèbres depuis mai 2012, se bat au quotidien pour faire adopter les changements nécessaires à la profession. Tailleur de pierre spécialisé dans les monuments funéraires depuis 1982, Jean Geeurickx a complété sa formation de deux ans à l'IFAPME et débuté en entreprise de pompes funèbres en 1986. Sa PME, SOS décès, située à Chapelle-lez-Herlaimont, occupe huit personnes dont le gérant.

"C'est un métier dans lequel la disponibilité est maximale, 24 heures sur 24, générant beaucoup de contraintes tant pour la direction que pour le personnel. Actuellement, les entreprises de pompes funèbres, à l'instar des pharmacies, doivent s'acquitter d'une indemnité financière liée au rôle de garde des travailleurs. Deux ouvriers, au moins, doivent assurer ce rôle ne sachant pas, par essence, de quoi sera fait le week-end. Cette indemnité peut se justifier pour les grandes entreprises (garde de deux ouvriers pour quatre ou cinq zones géographiques) mais est intenable pour les petites structures familiales, appelées à intervenir moins souvent. "Pour nous et le personnel, la solution des flexi-jobs serait bien plus intéressante. Nous allons donc introduire une demande en ce sens auprès du ministère de l'emploi et espérons trouver un accord", détaille le président.

Pour avoir plus de chances de réussite, la profession vient de rejoindre UCM, chargée de donner du poids à sa voix et ses revendications. En s'affiliant, la fédération s'offre une série d'avantages, dont celui d'être représentée et de participer aux actions en intégrant des groupes de travail. Elle bénéficie d'informations condensées au sein de newsletters, de visibilité médiatique, d'un référencement sur le site ucm.be et d'opportunités de tarifs préférentiels pour la location de salles de réunions UCM.

Revoir le cursus

Dans cette atmosphère particulière qui enveloppe la profession d'entrepreneur de pompes funèbres, Jean Geeurickx a développé une méthode : celle de l'optimisme, et de l'attention aux familles, en leur apportant réconfort et soutien. "Il faut faire preuve d'empathie, en respectant les défunts et en se préservant. Nous devons être disponibles sans interruption, sans que cela ne déborde sur notre vie privée, mais c'est très difficile à gérer. À titre d'anecdote, je n'ai jamais fait de barbecue en short, toujours en pantalon, pour être prêt à partir, sans jamais m'octroyer plus de huit jours de congé par an", résume le président.

Si notre pays compte près de 800 entrepreneurs de pompes funèbres (mais 600 employeurs), la fédération wallonne réunit 150 membres dont la majorité en Hainaut (plus de 85). Les autres entités régionales regroupent d'une part Namur, Luxembourg et Brabant wallon, et d'autre part Verviers et Liège. "Notre rôle est de rassembler et de défendre nos affiliés face aux soucis qu'ils peuvent rencontrer dans l'exercice de leur profession, notamment avec les communes. La législation n'est pas toujours interprétée de la même manière d'une commune à l'autre, ce n'est pas facile tous les jours. Il y a énormément d'hommes, peu de femmes, même si la profession tend à se féminiser. Depuis que mon épouse participe au conseil d'administration en sa qualité de secrétaire, les femmes osent franchir le cap et viennent aux réunions. Elles sont soit épouses d'entrepreneurs, soit elles-mêmes dans la profession à titre individuel." Le coût de l'affiliation à la fédération évolue en fonction de la taille de l'entreprise, avec un prix plancher de 120 euros par an. "Notre profession est encore protégée à l'heure actuelle en Wallonie et à Bruxelles, et nous aimerions que la formation s'organise dans le cadre d'un cursus. Par exemple au travers d'études qualificatives de deux ans, avec stage rémunéré ou non en entreprise, tout en gardant la possibilité d'obtenir le titre par l'intermédiaire d'un consortium de validation des compétences, unique certification actuelle. Notre volonté est de scinder la formation en trois modules : agent de pompes funèbres, collaborateur et gérant."

Aujourd'hui retraités, Jean Geeurickx et son épouse ont tout le loisir de s'occuper de la fédération. C'est leur fils Stéphane qui a repris la PME SOS décès voici un peu plus de deux ans.

[ funerailles.be }

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