Secteur cherche travailleurs
La construction veut corriger son image

Le secteur de la construction tire la sonnette d'alarme. En Wallonie, près de 5.000 postes sont à pourvoir. Ils souffrent d'une mauvaise image, de plus en plus éloignée de la réalité des chantiers.

Francis Carnoy : "Il est temps de mettre en évidence les jeunes qui réussissent et d'en finir avec la résignation ambiante."

Francis Carnoy est le directeur général de la Confédération construction wallonne (CCW). Il regrette la mauvaise réputation faite aux métiers techniques et manuels : "Il y a 13.800 postes de travail disponibles dans les entreprises de la construction au niveau fédéral, et près de 5.000 en Wallonie. Manifestement, l'offre et la demande ne se rencontrent pas. C'est la raison pour laquelle nous mettons en place des partenariats avec le Forem. Le challenge, à court terme, est d'intéresser des demandeurs d'emploi et de persuader les jeunes de s'engager dans cette voie."

"Dans notre société, poursuit Francis Carnoy, la filière d'excellence demeure le col blanc. Les métiers manuels restent mal considérés, bien qu'ils aient énormément évolué. Il existe un décalage regrettable entre la croyance populaire et la réalité du travail dans la construction." Aujourd'hui, un chantier est truffé de nouvelles technologies et de défis à relever. Il faut donc maîtriser la technique, avoir la tête et l'intelligence des mains, le tout saupoudré de pragmatisme, de compétences humaines pour s'insérer dans une équipe.

"Il y a un important travail d'information et de sensibilisation à effectuer très tôt auprès des jeunes, estime le directeur général de la CCW. Nous devons aider ceux qui ont le goût des compétences techniques à opérer de bons choix de carrière, à ne pas renoncer à des métiers sur base d'images dépassées."

Excellence européenne

Les compétitions EuroSkills et WorldSkills, qui ont lieu une année sur deux en alternance, sont un excellent outil de promotion des métiers techniques. C'est la ville autrichienne de Graz qui accueillera en septembre l'édition 2020 d'EuroSkills. Elle rassemblera les meilleurs jeunes talents du continent dans un large panel de métiers, notamment de la construction.

Pour gagner leur billet pour l'Autriche, une centaine de jeunes se sont mesurés au salon Batimoi de Marche. Ils étaient 106, de moins de 25 ans, à batailler devant un jury d'experts durant 16 heures. Les six meilleurs dans chaque catégorie prendront part à l'épreuve finale des Startech's Days de Ciney fin mars. C'est là que le nom des lauréats en partance pour Graz seront connus. Pour préparer EuroSkills, ces jeunes seront coachés par des professionnels de leur secteur et formés non seulement à l'excellence, mais aussi à la gestion du stress.

La campagne pour améliorer la perception des métiers de la construction passe aussi par le site jeconstruismonavenir.be. Il vise deux publics : les jeunes (par l'usage d'un langage propre) et les parents (via Facebook). Toutes les initiatives sont utiles pour faire évoluer les mentalités et empêcher la liste des métiers techniques en pénurie de s'allonger.

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