Les JOBISTES, c'est maintenant !

  • + de 500.000
    jeunes se frottent chaque année au monde du travail durant leur scolarité
  • 5,43 %
    c'est le taux des cotisations patronales pour l'occupation d'étudiant
  • 475 h/an
    h/an de travail autorisé par étudiant, cela permet plus de souplesse et de disponibilité

Chaque année, à cette période, il est temps de penser à l'engagement des étudiants. Il y a des règles et des conditions. État des lieux, afin que l'expérience soit enrichissante pour tout le monde...

Isabelle Morgante

Engager un étudiant comporte cinq étapes indispensables. D'abord sélectionner le jeune. Il doit être au moins âgé de 15 ans, avoir fini avec succès sa deuxième année secondaire, et être inscrit dans l'enseignement de plein exercice (qui l'occupe toute la journée) ou une formation en alternance.

Il faut ensuite consulter son solde d'heures disponibles, renseigné sur le site Student@work. Chaque jeune peut en effet travailler maximum 475 heures par an. Cette simple vérification permettra à l'employeur de bénéficier de l'engagement avec taux réduit de cotisations sociales patronales (5,43 %).

La troisième étape consiste à établir un contrat d'occupation d'étudiant. L'employeur et l'étudiant doivent conclure ce contrat écrit d'une durée déterminée de maximum douze mois consécutifs, reprenant certaines mentions obligatoires.

En cas de dépassement du quota d'heures annuel, l'employeur ne pourra plus occuper cet étudiant qu'en s'acquittant de cotisations sociales pleines de l'ordre de 25 %.

Le Secrétariat social UCM met des exemples de contrats à disposition des employeurs sur ucm.be.

Dimona et ajustement

Lorsque ces trois premières étapes sont franchies avec succès, il convient de réaliser une Dimona (déclaration à l'embauche) de type "STU" avant même le début des prestations, ou au grand plus tard au début des prestations du jeune. En cas de Dimona tardive, des cotisations sociales pleines et un précompte professionnel sont dus.

Enfin, il faudra tenir à jour le nombre d'heures sur le compte Student@work de l'étudiant, surtout s'il travaille plus longtemps que prévu. Pour continuer à bénéficier du taux de cotisations réduit, l'employeur devra repréciser le nombre d'heures via une Dimona de modification.

[ studentatwork.be }

En savoir plus

Pour davantage d'informations, le site ucm.be (dans les publications de l'onglet "employeur") est la bonne adresse. De manière beaucoup plus pratique, une formation en droit social, estampillée "UCM Academy", sera donnée les 27 mars à Wierde et 5 juin à Louvain-la-Neuve. Le thème "Engagement d'étudiants : quelles démarches pour quels avantages ?" permettra aux participants d'y voir clair en matière de formalités à l'engagement, conditions de travail et rémunération, avantages sociaux et fiscaux.

Les objectifs sont de comprendre le fonctionnement du statut étudiant, d'anticiper les démarches à réaliser et d'éviter les sanctions.

Inscriptions : ucmacademy.be }

"Mieux m'organiser et mieux étudier"

Alix, 19 ans, est étudiante en sciences biomédicales à l'Université de Liège. Brune pétillante, elle a été hôtesse d'accueil pour une agence de mannequins mais son vrai premier job d'étudiante, c'est au Huggy's Dogs de la Cité ardente qu'elle l'exerce (Pont d'Avroy). "Je suis au Huggy's Dogs depuis début septembre. C'était la fin de l'été et les étudiants du supérieur et universitaires n'avaient pas encore recommencé les cours. J'ai tout de suite connu une belle cadence !" Manifestement, l'expérience plaît beaucoup à Alix qui, en transition avant de reprendre un cursus de médecine, dispose d'un peu de temps. "Je travaille tous les samedis et vais au cours la semaine. J'ai noué des liens d'amitié avec certaines personnes que je vois même en dehors du Huggy's Dogs. L'équipe est vraiment chouette et on me fait confiance, c'est gratifiant."

Parfois, la jeune fille fait l'ouverture du samedi seule et endosse le rôle de chef d'orchestre avant l'ouverture aux clients, une opportunité liée à sa résistance au stress. "Il faut être aimable avec le client, savoir répondre à toutes les demandes, être bien organisée et gérer son temps. Ce job m'aide aussi dans ma scolarité : je suis devenue plus rigoureuse et sais, par exemple, que je dois absolument étudier tous les jours de la semaine car le samedi, je travaille. Cela m'a aussi apporté davantage d'organisation dans ma vie de tous les jours et de responsabilités au sein du restaurant !"

Grâce aux sous qu'elle gagne, Alix assume seule les coûts liés à sa petite auto, ses vêtements et tout ce qui touche aux loisirs. Ses frais scolaires, le gîte et le couvert, c'est sa maman qui s'en charge. Un bel équilibre au sein de cette famille monoparentale, qui permet à Alix d'acquérir son indépendance et soulage le portefeuille du ménage.

 

"Répondre au besoin de flexibilité"

En septembre 2012, Roberto Navarro et Thomas Mémurlin ouvrent un premier restaurant sur le concept du burger de qualité, gourmand et local. Le Huggy's Bar prend place boulevard d'Avroy et devient très rapidement "the place to be". L'aventure se transforme en success story : moins de six ans plus tard, la chaîne Huggy's Bar compte sept adresses, en plus du Huggy's Dog's. De nouveaux établissements sont en préparation, notamment à Charleroi et Sprimont. On peut noter aussi la parution d'un livre de recettes en octobre dernier et la mise en avant de huit bières maison au travers des 40 burgers proposés à la carte.

"Sur l'ensemble des restaurants, nous comptons une centaine d'équivalents temps plein et autant d'étudiants. Directement, nous avons fait appel aux jobistes, en moyenne une dizaine par site, mais nous confions les postes de décision à des titulaires. C'est une question de régularité et de déclinaison de la marque."

"Thomas et moi avons été étudiants, et jobistes dans l'horeca. Nous connaissons les contraintes, mais aussi les côtés positifs de ces postes. Pour nous, un student doit faire preuve d'engagement, de professionnalisme, de qualité au travail. La restauration, c'est un métier, que l'on garde souvent tout au long de ses études", résume Roberto.

À côté de toutes ces qualités, le jobiste doit combler les horaires des sites et parfois même assure les rushs. Un étudiant occupe des postes de salle, plonge, bar et accueil mais il n'est pas un chef de salle."

Le quota d'heures

Au cœur de cette législation qu'il manie du bout des doigts, Roberto reconnaît bien des atouts à la norme des 475 heures par an (qui a remplacé la règle des 50 jours de travail autorisé sur une année). "Clairement, cette disposition nous aide car nos étudiants prestent souvent cinq ou six heures par jour et ne remplissent pas une journée complète. Le système est désormais plus souple et nous pouvons utiliser les mêmes étudiants deux fois plus. Nous gagnons aussi du temps en recrutement. Ce changement était nécessaire et correspond à la réalité du terrain."

Quid des allocations familiales ?

Le travail étudiant peut avoir des conséquences sur le paiement des allocations familiales. Il faut toujours en être conscient avant d'accepter un job étudiant, quelle que soit la formule.

Dernièrement, les médias ont fait état de changement dans le dossier des allocations familiales. En mutation, ces dernières ont été régionalisées, leur montant logiquement adapté... et le chantier n'est pas terminé. En effet, jusqu'au 31 décembre 2018, il existe un droit inconditionnel jusqu'au 31 août de l'année des 18 ans du jeune. Avant cette date, le jeune peut travailler sans restriction ni vérification. À partir du 1er septembre de l'année de ses 18 ans, il peut continuer à travailler à condition de prester moins de 240 heures par trimestre. Et puisque le troisième trimestre est un peu hybride, la caisse d'allocations familiales ne contrôlera pas le nombre d'heures prestées, à condition que le jeune soit entre deux années de cours.

La norme des 240 heures par trimestre reste d'application pour le jeune qui ne se réinscrit pas après les vacances d'été.

À partir du 1er septembre

Apparemment, mais l'information n'est pas encore figée actuellement, il n'y aurait plus de contrôle de scolarité entre le 1er septembre de l'année des 18 ans et les 21 ans du bénéficiaire. Durant ce laps de temps, le jeune pourrait exercer une activité exempte de cotisations sociales, s'il s'agit d'une occupation étudiante ou indépendante.

À noter que pour les jeunes de plus de 21 ans, les critères d'octroi appliqués avant le changement de législation restent d'application.

Puisque l'on va tout doucement vers l'été, et que les jeunes risquent de vouloir travailler durant les deux mois de vacances, il est nécessaire de se renseigner, d'autant si le job perdure tout au long de l'année scolaire.

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