Organisation professionnelle membre UCM
La FBAA veut sortir d'un rond-point infernal

Les autocaristes n'entrevoient pas d'issue depuis de trop longs mois. "Il faut bouger !", clame la fédération qui représente ces centaines d'entrepreneurs.

Isabelle Morgante

Louis Eloy (conseiller économique FBAA) et Kim Taylor (responsable communication) explorent toutes les pistes pour amortir le choc de la crise sanitaire.

Il y a près d'un siècle, naissait "l'Union des propriétaires belges d'automobiles, ancêtre de l'actuelle fédération belge des entrepreneurs autobus et autocars (FBAA). Aujourd'hui, l'organisation rassemble 320 PME membres, soit plus de 8.000 véhicules et 12.500 salariés dont 11.000 chauffeurs. Les 1.500 restants sont les entrepreneurs, personnel administratif et mécaniciens. Trois entreprises sur quatre comptent moins de cinquante travailleurs", détaille Louis Eloy, conseiller économique à la fédération. Des hommes et des femmes qui souffrent depuis plus d'un an.

"Notre profession se décline en plusieurs sous-secteurs, explique Kim Taylor, responsable communication de la fédération. Il y a les entreprises d'autocars de voyages, de transports (qui prennent en charge les équipes de sportifs par exemple), les bus réguliers des lignes TEC, le ramassage scolaire pour l'enseignement spécialisé et le transport de personnel. La situation est dramatique pour les bus à vocation touristique. À cela s'ajoutent toutes les excursions, les déplacements d'entreprises et associations annulés, sans la moindre exception, qui percolent déjà sur 2021."

Transport "vaccin"

S'il fallait encore un chiffre pour mesurer l'ampleur du sinistre, 200 des 320 entreprises membres de la fédération sont dans une voie presque sans issue suite à l'arrêt des voyages. "Nous avons pu renforcer l'offre de bus aux heures de pointe, sur les lignes régulières. Ainsi, entre 07:00 et 08:30, des autocars roulent dans le sillage des bus des TEC pour garantir la distanciation sociale au sein de chaque véhicule. "129 bus ont été utilisés à cette fin. C'est une solution créative, pour aider les bus TEC (régie et loueurs) qui roulent matin et soir en Wallonie…" Le soutien qu'apportent les entreprises privées aux lignes publiques des TEC, c'est une enveloppe annuelle de 100 millions d'euros et de l'emploi pour une vingtaine d'entreprises.

Trouver des solutions et répondre aux besoins en fonction de l'actualité : c'est le travail quotidien de la fédération, qui consacre beaucoup d'énergie à mettre en place des solutions qui sous-entendent une logistique importante.

"Nous avons proposé aux instances fédérales et régionales de véhiculer les personnes à mobilité réduite vers les centres de vaccination. Ce transport serait organisé via une plateforme de réservation en ligne. Cela crée du travail, de l'activité et offre un service “porte à porte” pour un maximum de confort. Nous attendons une réponse des autorités", déclare Louis Eloy. Et le conseiller économique d'ajouter : "Fort heureusement, nos membres ont pu mettre leurs collaborateurs au chômage et recevoir le droit passerelle, mais cela reste une goutte d'eau car nous sommes dans un secteur à forte densité de capital, où d'énormes mensualités sont réclamées aux entrepreneurs pour payer (notamment) un prêt lié à l'achat d'un bus (entre 300.000 et 500.000 euros). Les frais fixes sont énormes, les aides ne garantissent pas la survie."

Justement, les aides, parlons-en. La Flandre a dégagé une enveloppe de 31 millions d'euros (dont la moitié en subvention directe) pour soutenir le secteur. Les deux autres Régions interviennent de leur côté mais dans une moindre mesure. "Le secteur autocar est pourtant essentiel pour garantir la mobilité de 13 millions de voyageurs en Belgique par an, dont 4 millions en Wallonie. Nous sommes abattus mais nous maintenons le dialogue et cherchons des solutions."

Si le monde doit se contenter de rêver à d'autres cieux depuis un an, il est clair que le voyage et les paysages ne sont jamais aussi jolis que lorsqu'ils se vivent "en vrai", même à travers la vitre d'un autocar.

Des parkings entiers d'autocars en attente de reprendre la route des excursions et des vacances.

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