Belgrade | Labomedic
S'unir pour être plus forts

La fusion de deux laboratoires d'analyses wallons a entraîné un nouveau management, une remise en question des collaborateurs et la mise en avant de nouvelles pratiques développées par l'UCM.

Emmanuel Dubois est à la fois chef d'entreprise, manager du laboratoire d'analyses médicales Labomedic et scientifique. Titulaire d'un diplôme de chimie de l'Université catholique de Louvain (UCL), l'homme a un parcours un peu atypique. Il s'est d'abord tourné vers la pharmacie puis une spécialisation en biologie. "J'ai entamé ma carrière professionnelle en 1996, dans un établissement hospitalier namurois, là où j'avais accompli mes stages de coordinateur qualité. Je n'ai jamais été salarié, cela me permet d'aussi préserver mon indépendance scientifique. L'aventure hospitalière a duré deux ans. Michel Durieux, alors à la tête du laboratoire qui était déjà installé à Belgrade, m'a proposé de l'y rejoindre. J'ai tenu le poste d'adjoint à la direction et coordinateur qualité pendant vingt ans, avant de reprendre les rênes de la direction il y a deux ans."

Groupe Labomedic est en fait né de la fusion de deux laboratoires œuvrant sur les régions de Thuin et Namur. Créé par le docteur Mottet en 1982, Groupe Labomedic (appelé Labomedic à cette époque) s'est installé d'abord avenue cardinal Mercier à Namur, puis déménage à Belgrade dans des bâtiments qu'il occupe toujours. Il a été géré de 1987 à 2014 par Michel Durieux. Les scientifiques du labo ouvert à Thuin par le docteur Marchal ont rejoint les hauteurs namuroises dès 2014. L'entreprise compte aujourd'hui 41 personnes, livreurs et personnel administratif compris.

Manager et scientifique 

Dirigé et détenu par des biologistes belges, Groupe Labomedic est une entité particulière dans le monde de plus en plus concurrentiel des laboratoires d'analyse.

"Notre métier a indiscutablement changé ces dernières années, entre évolution scientifique et management. Le progrès technique a aussi permis de travailler plus vite et c'est d'ailleurs un de nos défis majeurs. Avant, nous bouclions le travail d'analyse à 20:30. Nous avons gagné deux heures et doublé le volume. Au moment du rachat, quand le personnel des labos de Thuin et de Belgrade s'est retrouvé sous le même toit, nous avons constaté qu'il y avait une différence salariale. Il a fallu harmoniser tout ça. Une prime de 1.000 euros net par an, liée à l'objectif et au nombre de demandes d'analyses effectuées, a permis d'augmenter l'efficience des collaborateurs. Cet avantage est à la fois un objectif mais aussi un incitant non négligeable", détaille Emmanuel Dubois.

Mathilde à l

"En choisissant de prendre le meilleur de chacun des collaborateurs des deux entreprises, nous avons pris aussi conscience de la pénibilité du travail. C'est la raison pour laquelle nous avons mis en place une meilleure organisation en donnant la parole aux personnes concernées." Ce travail, ça a été du donnant-donnant. En effet, si le manager a demandé aux collaborateurs de placer la barre de l'efficacité encore plus haut, il a aussi augmenté la puissance électrique du laboratoire et va bientôt installer un nouveau logiciel informatique dans lequel on va pouvoir intégrer de nouvelles mesures technologiques propres aux laboratoires. "Actuellement, les contrôles et les commentaires d'analyse sont manuels. Grâce à ce logiciel, il y a aura une traçabilité et un suivi qualité optimal. Il va nous permettre de nous concentrer sur l'efficience de l'analyse plutôt que sur l'offre. Cette avancée est incontournable", explique Emmanuel Dubois. Et d'ajouter : "Nous avons également travaillé sur les horaires pour répondre aux demandes du corps médical et fournir les résultats d'analyse avant la mise en place des gardes à 18 heures. Nous travaillons pour plus de 250 médecins."

Rapidité, coûts maîtrisés : la concurrence est rude dans un secteur où le danger vient à la fois des laboratoires que les hôpitaux décentralisent dans les centres-villes pour des consultations ambulatoires, mais aussi des laboratoires commerciaux derrière lesquels se trouvent parfois des fonds de pension.

À ce titre, Groupe Labomedic se distingue par son ancrage wallon et son actionnariat privé, entièrement détenu par des biologistes, qui ont encore la liberté de décider des investissements à consentir. Sauf urgence, les décisions sont prises collégialement par le staff médical, qui se réunit une fois par semaine. "Nous sommes une structure médicale avant tout, et le volet financier ne décide pas de tout chez nous. Nous avons réussi à préserver l'esprit de chacun des labos et ce malgré les divergences de départ."

Enfin, si Emmanuel Dubois est un scientifique, il est aussi un manager qui prend soin de ses équipes, tout en restant ouvert à la critique. "Parfois, on se prend des tartes ! J'accepte la critique, pour autant qu'elle soit argumentée et que l'on fasse des propositions. Nous avons mis les moyens mais c'est aussi aux collaborateurs que nous avons demandé de faire évoluer l'entreprise. Aujourd'hui, je suis un chef d'entreprise, en instaurant une vraie culture au sein du labo, mais ma manière de gérer reste scientifique." 

 

Kelio, régulateur de temps

Pour doter son entreprise de nouvelles perspectives et ancrer un management contemporain, Emmanuel Dubois a fait appel à Kelio, un logiciel de gestion du personnel mis en avant par l'UCM. "Auparavant, les demandes de congé, les heures supplémentaires et autres formalités de cette nature étaient gérées par le responsable du personnel. Nous avons décidé de rationaliser tout cet aspect des choses en installant Kelio chez nous. Désormais, tout est géré de manière beaucoup plus claire et objective. Nous y avons intégré les avantages comme les chèques-repas, tandis que les prestations de soirée et de week-end y sont valorisées. Kelio a remis l'église au milieu du village et responsabilisé le personnel."

 

 

 

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