L'optimisation salariale, un véritable atout

  • 1.760 € par an
    c'est le maximum de rémunération supplémentaire nette que les chèques-repas permettent d'octroyer

Offrir un package salarial attractif à ses collaborateurs est un excellent moyen pour convaincre des talents tout en diminuant ses coûts.

Clément Dormal

Optimisation salariale : ces deux mots hérissent les poils de certains chefs de PME ou de TPE préférant augmenter le traitement brut de leurs salariés. Alors que ce n'est l'idéal ni pour l'employeur ni pour ceux et celles qu'il dirige. L'entrepreneur doit payer des cotisations sur la rémunération brute qu'il dégage. Ces cotisations patronales varient de 25 % à 35 % en fonction des secteurs. À cela s'ajoutent les cotisations personnelles du salarié (13,07 %) et le précompte professionnel qui doivent également être déduits. Avec pour résultat une certaine déception chez le salarié qui voit la différence entre son augmentation brute et ce qu'il reçoit réellement à la fin du mois sur son compte bancaire.

Heureusement, des rémunérations alternatives permettent de récompenser un collaborateur tout en limitant l'écart entre le coût patronal et le salaire effectivement perçu. Certains de ces avantages sont déductibles pour l'employeur et répondent à trois enjeux majeurs. Le premier, et non des moindres, est la maîtrise des coûts salariaux. Un point important quand on sait qu'en Belgique, ils représentent une part considérable des dépenses des entreprises. Un package salarial attractif est aussi un moyen de fidéliser et de motiver ses salariés pour qu'ils s'inscrivent sur le long terme dans la boîte. Dans la même optique, c'est une excellente stratégie pour engager de nouveaux talents. La garantie d'un salaire élevé ne suffit en effet plus sur le marché professionnel. Les employeurs doivent désormais rivaliser d'inventivité pour se démarquer de la concurrence. Ce qui est possible notamment via les avantages extralégaux. Et à ce petit jeu-là, les PME et TPE sont visiblement à la traîne.

Jean-Denis Ernst (UCM).

"Dans le monde des TPE et des PME, les rémunérations alternatives sont utilisées de manière insuffisante. Des problèmes de compétitivité se posent car elles n'ont pas un package salarial attractif", pointe Jean-Denis Ernst, product manager chez UCM. Selon lui, de nombreux dirigeants sont effrayés par la charge administrative supplémentaire que représentent ces avantages. Une idée reçue qu'il tient à relativiser. "Cette crainte est fondée pour certains avantages comme le plan cafeteria, mais d'autres sont très faciles à mettre en œuvre. C'est le cas par exemple des titres-repas, ou du remboursement de frais de déplacement. On peut travailler là-dessus sans que ça ne cause trop de difficultés administratives."

Des tendances à suivre

Sans surprise, les patrons tenteront de diminuer leurs coûts en offrant des privilèges extralégaux à leurs salariés. Ces derniers seront, eux, plus intéressés par l'augmentation de leur pouvoir d'achat. Par chance, certains avantages permettent de cocher ces deux cases. C'est le cas (à nouveau) des chèques-repas. Il existe néanmoins aussi des salariés qui ont des demandes plus spécifiques, par exemple en matière de politique durable avec un remboursement des frais de bus ou de train. "L'idéal est que les deux points de vue se rencontrent. Mais pour pouvoir attirer de nouveaux collaborateurs, l'entreprise doit réfléchir aux rémunérations alternatives les plus intéressantes pour son salarié et tenir compte de certaines tendances. À l'heure actuelle, cela concerne la mobilité ou encore les droits d'auteur…", analyse Jean-Denis Ernst.

Prévoir, c'est économiser

C'est bien connu, la voiture de société est reine en Belgique. Cet avantage est accordé à environ un salarié sur cinq aujourd'hui. Mais attention, dès 2026, seuls les véhicules de société 100 % électriques seront déductibles fiscalement. D'ici là, les chefs de PME et de TPE sont appelés à anticiper ce changement en achetant et en aménageant des bornes de recharge. Afin d'accélérer la transition, les frais d'installation de ces bornes sont déductibles à 100 % pour les entreprises, jusqu'à 2030. S'il s'agit d'une borne intelligente accessible au public même en dehors des heures d'ouverture, ces frais pourront être déduits à 150 % entre le 1er janvier 2023 et le 31 août 2024. "Il y a une nécessité de verdir le parc automobile, c'est-à-dire de produire moins de CO2, mais aussi de préparer la transition énergétique vers l'électrique. Ce qui, à l'heure actuelle, n'est pas suffisamment mis en œuvre par les PME. Si elles ne se préparent pas maintenant, elles vont rencontrer de grosses difficultés au moment de la transition", met en garde Jean-Denis Ernst.

 

Influence de la marge salariale

Tous les deux ans, le Conseil central de l'économie établit un rapport au sujet de la hausse des salaires dans les pays environnants. Il y définit une tendance pour les deux années à venir. Pour l'année 2023, il a annoncé que la marge salariale sera nulle, car nos salaires ont proportionnellement augmenté plus vite que chez nos voisins. Or, dans le cadre d'une norme salariale nulle, certaines rémunérations alternatives ne peuvent pas être octroyées. "Mais il faut savoir que depuis 2009, la marge salariale est quasiment nulle. Cela nuance un peu la difficulté de la situation actuelle", relativise Jean-Denis Ernst.

Quels sont les avantages les plus populaires ?

Les chèques-repas restent la forme de rémunération alternative la plus populaire en Belgique.
© Monizze

Les chèques-repas

C'est l'avantage extralégal le plus répandu en Belgique et on comprend vite pourquoi. L'octroi de chèques-repas est particulièrement populaire, tant chez le dirigeant que chez le salarié, car il n'est soumis ni au paiement de cotisations sociales ni à celui du précompte professionnel (pour autant qu'un certain nombre de conditions soient remplies simultanément). L'intervention de l'employeur s'élève à 6,91 euros maximum par chèque, celle du collaborateur à 1,09 euro minimum. Au total, les chèques-repas permettent d'octroyer une rémunération supplémentaire nette jusqu'à 1.760 euros par an. 

La voiture de société

Bien qu'elle risque d'être de moins en moins accordée dans les années à venir, la voiture de société est généralement l'avantage rémunératoire le plus apprécié des salariés. Elle leur permet en effet de réaliser une belle économie sur leur budget familial. Quant à l'employeur, il n'est redevable que d'une cotisation de solidarité en fonction des émissions de CO2 du véhicule et le coût du leasing est en grande partie déductible. Il s'agit donc d'un avantage financièrement intéressant.

L'assurance groupe

L'assurance groupe est une des formes de rémunération les moins coûteuses, car seule une cotisation patronale spéciale de 8,86 % doit être acquittée. Les primes versées par l'employeur ne sont pas soumises au paiement de cotisations sociales ni à celui du précompte professionnel.

L'assurance hospitalisation

Les indemnités pour assurance hospitalisation déboursées par l'employeur doivent être considérées comme un complément aux avantages accordés pour les diverses branches de la sécurité sociale et ne donnent pas lieu au paiement de cotisations. En ce qui concerne le salarié, les contributions qui sont versées par le patron à l'assureur sont exonérées d'impôt. L'assurance hospitalisation peut être étendue au conjoint ou cohabitant du salarié, voire à ses enfants. Pour bénéficier d'une telle extension, une participation peut être retenue sur le salaire net du collaborateur.

Le GSM

En tant qu'employeur, il est possible d'offrir à ses collaborateurs un GSM ainsi qu'un abonnement qu'ils peuvent exploiter à titre privé. Les frais liés à ce smartphone sont entièrement déductibles. Dans le cas où le téléphone est utilisé uniquement à des fins professionnelles, sa mise à disposition ne constitue pas un avantage dans le chef du salarié. Il n'y a donc pas lieu de calculer des cotisations de sécurité sociale.

Les éco-chèques

Bons de valeur destinés à l'achat de produits et services à caractère écologique, les éco-chèques ont l'avantage de ne pas être soumis aux différentes cotisations sociales ni au précompte professionnel. La liste des biens et services pouvant être acquis par ce biais a été élargie, de sorte que ces chèques sont devenus encore plus attrayants pour les travailleurs. Leur durée de validité, expressément mentionnée, est de 24 mois maximum.

L'aide UCM

UCM accompagne tous les chefs de PME qui souhaitent optimiser leur politique salariale. Cela commence par une investigation poussée du dispositif en place, avec une vérification de sa légalité. Des experts UCM émettent ensuite des recommandations de packages salariaux avantageux et adaptés aux spécificités de l'entreprise. Le dirigeant est finalement coaché personnellement afin d'activer ces nouveaux avantages alternatifs, via notamment la création des différents modèles de conventions. Un guide gratuit est également disponible pour aider à comprendre les points forts et points faibles des avantages existants.

[ ucm.be/je-gere-mon-personnel/optimiser-le-package-salarial }

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