Armosa - Vincent Samain

Protection et de gestion des nuisibles

Évoluer, protéger et innover

31/08/20

Une entreprise liégeoise déploie son expertise sur plus de septante pays dans le monde. Structure familiale bâtie par un seul homme, Armosa fait figure d'autorité dans un contexte sanitaire de plus en plus exigeant.

Isabelle Morgante

L'année 2020 sera celle de la naissance d'Armosa, la nouvelle appellation du groupe Biosix, Belgagri et Aedes-Protecta. Installée à Hermalle-sous-Huy (Engis), l'entreprise familiale choisit ainsi de marquer son appartenance au pays mosan, tout en déployant ses activités dans l'Europe entière et soulignant son approche internationale. "Nous développons, fabriquons et commercialisons une gamme de moyens de protection et de gestion des nuisibles à destination des particuliers et professionnels", expose Vincent Samain, CEO fondateur. Né en Hesbaye, cet ingénieur industriel en agronomie est issu d'une famille nombreuse attachée à la terre.

Dans un secteur en très forte évolution, Armosa propose des produits innovants et des alternatives naturelles pour protéger l'habitat individuel ou collectif, les espaces verts, les élevages, les entreprises, les services publics, les denrées stockées et les cultures. Elle travaille notamment à l'élaboration de biopesticides pour le secteur agricole et de biocides pour lutter contre une multitude de nuisibles de manière moins agressive. Grâce à son pôle de recherche-développement et sa collaboration avec différents centres de recherche (UCLouvain, ULB, ULiège et Gembloux Agro-Bio Tech), Armosa met au point des substances qui préservent à la fois les hommes, les animaux, la nature et notre alimentation.

Rétroacte. L'entreprise Belgagri est créée en 1985 par un couple de Liégeois. Vincent Samain la rachète en 1995. Ses premiers pas de manager, il les accomplira sous les combles d'une maison bruxelloise avant de déménager à Andenne puis Fernelmont en 1999, et enfin dans le zoning industriel d'Hermalle-sous-Huy en 2011 sur une superficie de 5.000 mètres carrés. "À l'époque du rachat de l'entreprise, nous avons assez vite constaté que le domaine des céréaliers était trop étroit. C'est la raison pour laquelle nous avons ouvert le marché des produits contre les nuisibles en élevage." Des choix gagnants puisque Armosa compte actuellement 110 collaborateurs dans le monde, dont une trentaine au siège historique mosan. "Nous engageons une majorité d'universitaires qui détiennent une expertise dans leurs métiers respectifs et cernent ainsi rapidement les besoins de nos clients. Ces collaborateurs sont avant tout des témoins de terrain."

Exigences d'un secteur

Le domaine dans lequel évolue l'entreprise liégeoise est sensible. Et soumis aux homologations et exigences sanitaires de l'Union européenne, qui s'apparentent (parfois) à un véritable chemin de croix. Si Armosa Tech détient plus de 800 autorisations de mises sur le marché (AMM), elle travaille par exemple sur une molécule depuis… onze ans. "Nous avions budgétisé une somme de 2,4 millions d'euros pour accomplir le processus, nous sommes déjà à plus de 6 millions, pointe le CEO. Dans les années 90, la Commission européenne a revu les cahiers des charges d'homologation. Au fil du temps, il s'est avéré plus lourd et fastidieux. C'est de plus en plus compliqué, et surtout il y a danger de fracture entre la théorie et la réalité du terrain."

À ces exigences purement académiques, s'ajoutent les nouvelles tendances d'achat et de consommation, résolument tournées vers l'utilisation d'outils alternatifs, de matières actives naturelles d'une part, et celles qui se basent encore sur les solutions conventionnelles d'autre part. "En fonction du nuisible et du degré d'infestation, nous proposons et développons des produits au large spectre ou plus spécifiques, sous des formes différentes pour répondre aux besoins des marchés des particuliers et des professionnels. Cela va des produits contenant des matières actives synthétiques et/ou actives aux moyens plus mécaniques et aux auxiliaires de jardin que sont, par exemple, les coccinelles, très efficaces dans la lutte contre les pucerons. C'est une tendance que nous observons depuis 2015, année durant laquelle nous avons élargi notre champ d'action au travers du rachat de l'entreprise française Protecta", détaille Vincent Samain.

Réaction à la crise Covid

À la fois wallonne et mondiale, Armosa étend depuis la Belgique, la France, la Turquie, les Pays-Bas et l'Espagne ses activités vers le reste du monde. Clac et Protecta, marques phare de l'entreprise développées pour les particuliers, garnissent les étalages des commerces tant français que belges ou encore espagnols, tandis que la gamme Armosa vise les professionnels, jusqu'à notamment l'Australie et le Mexique.

Un microcosme dans lequel la crise Covid-19 est apparue… et a été vécue comme une opportunité.

"Lorsque le virus est arrivé chez nous, nous avons réagi très vite et pu sourcer les matières actives efficaces pour commercialiser Erazer, un désinfectant à destination professionnelle dont le lancement était initialement programmé à 2021, voire 2022. Le scénario pandémique ne nous était pas étranger, nous avions vécu une situation critique en 2001 lors de la crise de la fièvre aphteuse en milieu agricole. Celle du coronavirus a mis un certain nombre de nos collaborateurs au télétravail, la production est restée en place, en respectant toutes les obligations sanitaires. Il n'y a pas véritablement d'avant et d'après-crise pour notre entreprise mais cela nous conforte dans la nécessité de nos produits", conclut l'entrepreneur.

Pour continuer à développer sa gamme et répondre aux besoins du marché, Armosa va prochainement inaugurer deux nouvelles implantations en France : à Épinay-sur-Seine (région parisienne) et à Vedène (département du Vaucluse).

Carte d'identité de l'entreprise

Armosa SA

Zone industrielle de Hermalle-sous-Huy
rue des Tuilliers 1
4480 Engis

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