Réduction du temps de travail
Pour les PME, c'est non

L'idée d'une réduction collective du temps de travail sans perte de salaire est relancée par les syndicats et par certains partis politiques. L'UCM a organisé un débat sur cette question, qui fera l'objet d'un chapitre dans son mémorandum 2019. Les chefs de PME présents se sont montrés très sceptiques. Quand on parle temps de travail, leur seule demande est davantage de flexibilité.

La revendication syndicale repose sur une idée fausse. Non, l'emploi n'est pas un gâteau à partager. "Éliminer" les aînés ne libère pas des postes pour les jeunes ; travailler moins longtemps n'entraîne pas des embauches. C'est l'inverse qui est vrai ! L'emploi est un arbre qui grandit. Plus il a de branches et plus elles sont solides, mieux il se porte.

Deuxième erreur : les salariés ne sont pas des matériaux interchangeables, des briques Lego d'autant plus nombreuses qu'elles sont plus petites. Dans les PME, les collaborateurs ont une formation, un savoir-faire, une expérience. Le recrutement est compliqué car l'inadéquation est importante entre les compétences des demandeurs d'emploi et les besoins des entreprises. Penser que libérer des heures de travail va "aspirer" les chômeurs dans l'emploi, c'est ignorer cette inadéquation.

Dans les PME, cela poserait des problèmes insolubles d'organisation du travail. Si deux salariés passent de 38 à 32 heures par semaine, cela ne justifie pas l'embauche d'un troisième, avec les frais liés à cet emploi supplémentaire. Il est d'ailleurs frappant de constater que des incitants existent pour réduire le temps de travail. La réduction de charges peut atteindre 400 euros par trimestre et par personne pendant quatre ans en cas de passage aux 35 heures. La formule est quasi inutilisée. Impraticable.

Le Forum économique mondial et l'OCDE classent la Belgique quatrième pays du monde en matière d'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, notamment parce que des aménagements du temps de travail sont possibles selon les circonstances. C'était la voie à suivre. La malheureuse expérience française des 35 heures en 2003 l'a démontré. Une réduction linéaire dans les PME n'apporte rien de positif aux salariés (productivité poussée à la hausse, salaires à la baisse) et est ingérable pour les employeurs. L'UCM défendra cette position auprès des responsables politiques comme dans la concertation sociale.

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