Les Galettes de Luc

Fabrique de gaufres

De la fleur de farine au grain de sucre (perlé)

02/03/21

Les Galettes de Luc, c'est l'histoire d'un jeune de 17 ans qui voulait devenir boulanger. Quatorze ans plus tard, Luc Mathot est un entrepreneur performant, soucieux du monde qu'il laissera à ses enfants.

Isabelle Morgante

C'est l'histoire d'un jeune homme qui, tout petit, est tombé dans les barattes de beurre de son papa et les moules à tarte de sa grand-mère. Ses mercredis après-midi, il les passe à faire de la pâtisserie ou à la beurrerie, plaisir que Luc Mathot prolongera quelques années plus tard en tant qu'étudiant jobiste dans une boulangerie.

La voie (farinée) semble toute tracée : il sera boulanger. Luc s'inscrit à l'ITCA de Suarlée, mais l'année de son diplôme, il apprend la fermeture probable de la petite fabrique de gaufres d'Étienne, un habitant de Celles comme lui qui, atteint par l'âge de la pension, songe à débrancher définitivement sa dizaine de moules.

"J'avais 17 ans à l'époque. J'en ai parlé à mon père, qui m'a conseillé d'abord de “dormir la nuit dessus”. Le lendemain, nous sommes allés voir Étienne pour lui faire une proposition, qu'il a acceptée." Le papa de Luc n'est pas un néophyte dans le secteur, lui qui tient le gouvernail de la beurrerie familiale Mathot Sofra, à Rochefort, où il emploie aujourd'hui 55 collaborateurs.

Luc termine ses études et devient indépendant. Nous sommes en 2008. Le petit atelier est installé dans l'ancienne école/administration communale de Celles, bâtiment dans lequel le grand-père de Luc avait dissimulé ses quartiers de résistance. Un bâtiment chargé d'histoire pour la famille Mathot, qui voit ainsi éclore une belle carrière d'entrepreneur car très vite, le local devient trop petit. Luc est bientôt accompagné de son ami d'enfance Frédéric, qui deviendra son chef d'atelier. "Quand Frédéric est arrivé, cela m'a permis de dégager du temps pour aller démarcher des clients, en faisant du porte-à-porte. Nous sommes restés un an dans cet atelier. Il nous fallait d'abord garder de la trésorerie, investir correctement et travailler avant d'envisager de déménager." Une ligne de conduite que respecte encore Luc, âgé aujourd'hui de 32 ans.

Le premier déménagement a lieu en 2010, dans un bâtiment relais de Houyet. La petite entreprise loue d'abord un hall, puis deux, puis l'entièreté avant de faire construire tout juste à côté, à un jet de perle de sucre. L'installation se concrétise en 2015. "Nous disposons de 1.200 m² mais nous sommes déjà à l'étroit, nous avons introduit une demande à la commune pour doubler le volume. Nous espérons poser la première pierre cette année encore", résume Luc. Il y a deux ans, le chef d'entreprise a installé une éolienne qui couvre la moitié des besoins en électricité du site.

Empreinte verte

D'une dizaine de moules à gaufres, l'entreprise est passée à plus de 120 moules, qui chaque semaine produisent entre 100.000 et 150.000 gaufres. La gamme se décline en quatre produits : la galette ardennaise, la gaufre de Liège, la quatre-quarts conventionnelle et son équivalente bio certifiée depuis fin 2020. Un succès grandissant qui motive Luc à étendre toute son offre sous label "bio" mais qui lui a aussi permis d'engager une vingtaine de collaborateurs. "Au-delà des diplômes, je recrute surtout des gens qui veulent travailler (et le faire bien), motivés, ponctuels et sérieux. D'autant que nous allons développer d'autres produits." Après les cannelés bordelais, de nouvelles gourmandises devraient voir le jour dans les prochaines semaines, mais elles sont encore frappées du sceau du secret.

En revanche, ce qui n'est un secret pour personne, c'est la bonne santé de l'entreprise namuroise, fort heureusement épargnée par la pandémie. "Très sincèrement, je n'ai pas à me plaindre. Une grande partie des mesures dites sanitaires étaient déjà en place, liées à la nature de nos activités. Nous avons ajouté des plexiglass entre les différents postes et réorganisé les rondes de travail."

À propos d'organisation justement, "je suis seul à décider pour l'ensemble des activités, confie le chef d'entreprise. Au début, lorsque j'étais célibataire et sans enfants, je travaillais une centaine d'heures par semaine mais aujourd'hui, je réserve du temps à mon épouse Lucie et mes deux petits garçons, Victor et Amaury. J'ai eu besoin de temps pour instaurer ce rythme plus familial mais ce n'est pas un effort. C'est aussi pour mes enfants que j'ai décidé de m'inscrire dans une démarche plus verte. Après l'installation de l'éolienne, nous avons commencé à trier drastiquement nos déchets, puis conclu un partenariat avec l'unité de biométhanisation Biospace de Gesves, après un audit du BEP (Bureau économique de la province de Namur, NDLR) sur l'optimisation de nos performances énergétiques. C'est ainsi que les retours invendus sont d'abord débarrassés des sachets d'emballage par les travailleurs de l'ETA Centre Saint-Lambert d'Andenne (entreprise de travail adapté, NDLR) puis envoyés en biométhanisation pour devenir de l'énergie. J'ai aussi pris la décision de ne pas recevoir d'argent de Biospace et d'en faire bénéficier le Centre."

L'économie circulaire va de soi pour Luc : "C'est facile de jeter la pierre sur les jeunes qui crient dans les rues pour qu'on respecte l'environnement mais si on ne fait rien, on va le payer et pendant des années."

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Votre accompagnement Secrétariat social UCM

Cela fait 39 ans que Marie-Laure Gustin accompagne les entrepreneurs au Secrétariat social UCM. Une expérience de vie qu'elle partage avec son époux Didier, lui aussi collaborateur UCM.

Un magnifique développement

Marie-Laure Gustin est conseillère payroll au Secrétariat social UCM à Wierde et accompagne l'employeur Luc Mathot depuis sa première embauche, il y a tout juste dix ans. Elle parle de cette PME avec beaucoup d'enthousiasme et même de fierté, elle qui épaule les entrepreneurs UCM depuis 39 ans !

Autodidacte, Marie-Laure a gravi les échelons et est devenue cheffe d'équipe… avant de reprendre la fonction, à sa demande, de conseillère payroll voici sept ans, par goût du contact avec le client. Actuellement, elle gère 120 dossiers, soit près de 600 travailleurs.

"J'ai envie de dire merci et félicitations à la famille Mathot. Merci parce que père et fils sont clients chez nous depuis de nombreuses années. Le papa gère l'entreprise "Les beurres Mathot" à Rochefort depuis 1978 et emploie 55 personnes tandis que Luc, qui a engagé son premier salarié en juillet 2011, est entouré aujourd'hui d'une vingtaine de collaborateurs.

Félicitations donc car ces deux PME ont connu un très beau développement, avec en outre du côté de Luc une progression remarquable dans la préservation de l'environnement. Il ne se repose jamais sur ses acquis ! Monsieur Mathot fils pose et se pose des questions, il veut toujours comprendre et optimise l'utilisation de notre outil en ligne appipay. Il cherche aussi des solutions pour remercier ses collaborateurs et il me semble qu'il pense toujours à être généreux, malgré le fait qu'il soit sans cesse occupé dans l'opérationnel."

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