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Livraisons à vélo

Le vélo-remorque : retour à la simplicité

09/03/20

Assurer à vélo les livraisons de marchandises en centre urbain ? C'est possible grâce au projet BCklet de Philippe Lovens, Delphine Lefebvre et Renaud Sarrazin, cofondateurs de la coopérative urbike.

Dans le transport de colis, le "dernier kilomètre" peut être un réel parcours du combattant. urbike propose un retour à la simplicité avec le remplacement des camionnettes d'arrivage par des deux-roues. Leur faible encombrement, combiné à une assistance électrique, offre un service rapide et efficient.

"Renaud vient du monde de la recherche en mobilité urbaine et sécurité routière, explique Philippe Lovens. Delphine a toujours été dans la gestion de projet. Elle a cette faculté d'être structurée et organisée. Ensemble, nous avons réfléchi à la réappropriation du modèle de container maritime, à l'origine de l'essor du commerce mondial des années 50. Cette “boîte” standardisée permettait d'expédier des articles en grande quantité grâce au chargement direct dans des bateaux, des camions ou des trains."

L'équipe a imaginé un modèle logistique équivalent en s'appuyant sur la remorque BicyLift conçue par Charles Levillain de l'entreprise FlexiModal. Elle est le premier pilier du modèle. La touche d'ingéniosité réside dans la standardisation des remorques sur base des dimensions des palettes Euro. "C'est une combinaison entre un engin de manutention comme un transpalette et une remorque de transport à vélo. La remorque est manuelle, très simple d'utilisation, compatible avec une large gamme de modules et avec un système de levage ingénieux qui peut soulever 200 kg sans effort."

Transition vers l'entreprise responsable

Intégrer cohérence et responsabilité dans l'entrepreneuriat est une manière de faire progresser les modes de fonctionnement traditionnels. Pour urbike, le travail et la voix de chaque partie prenante dans les décisions sont aussi importants que la rentabilité. "Animés par un besoin de sens, nous sommes tous ouverts à cette nouvelle manière d'entreprendre, poursuit Philippe. Nous allons vers un objectif commun : une transition vers des villes et des entreprises durables." D'après le cofondateur, un défi majeur est de connecter le donneur d'ordre, le client et le transporteur par des solutions IT (second pilier) sans toutefois négliger la dimension sociale (dernier pilier majeur).

"En termes d'IT, nous nous inspirons des plateformes existantes. Cependant, socialement, leur manière de travailler actuelle ne correspond pas à nos valeurs. Nous sommes dans une optique de revalorisation du travail, de salaire juste, d'une bonne évaluation des risques pris par les coursiers et d'assurances en conséquence. Febecoop nous aide à mettre en place une gouvernance adaptée à nos objectifs. Dans cette optique, Smart, coopérative d'activités pour les travailleurs autonomes, nous héberge et nous soutient." Le laboratoire Mobi de la VUB (Vrije universiteit Brussel) travaille quant à lui sur l'analyse réelle des impacts environnementaux (pollution, qualité de l'air…) et sociaux (mobilité, sécurité…) du modèle.

La perception de l'emploi est en train de changer. L'entreprise tente de prendre en compte les nouvelles façons de penser. "De plus en plus de gens ont envie d'avoir plusieurs boulots, des tâches variées. Il y a des coursiers qui ont déjà effectué du montage de matériel chez des clients, d'autres qui font de l'encodage, de la comptabilité et même du graphisme." L'Université de Saint-Louis travaille au maintien de cette flexibilité avec préservation du statut salarié. "Il faut trouver un système où l'employé puisse être autonome dans le choix de ses courses. L'idéal serait que chacun soit propriétaire de la solution qu'il utilise sans prendre de risque." Une coopérative permet l'intégration des dimensions classiquement économiques mais aussi environnementales et socialement responsables. "Le challenge est d'être durable sous toutes les coutures : valoriser le volet environnemental et le social autant que l'aspect financier."

La quête de sens se reflète aussi chez les collaborateurs. "Les profils sont très variés. Tant l'ambiance de l'entreprise que ses valeurs attirent des gens incroyables." C'est dans cet esprit que s'inscrivent la campagne de communication et l'identité graphique d'urbike : "Renaud a créé le logo et le site. Tout est fait en interne avec de petits moyens mais beaucoup de créativité et d'envie."

Pas à pas vers une mobilité douce

Une fois le modèle théoriquement établi, des partenaires ont été choisis pour tester la solution et évaluer sa viabilité. C'est avec de grosses enseignes de secteurs divers que la jeune société a travaillé : bpost, Delhaize, Multipharma et CSD. Toutes sortes de produits sont livrés via des micro-hubs logistiques. "Celui qui est situé à Flagey représente quatre emplacements de parking. Une place accueille huit conteneurs. Le client dépose ainsi ses colis dans un hub sécurisé qu'il réserve en ligne ou via une app, et urbike vient les prendre."

Avec bpost ou Decathlon, urbike joue un rôle de consultant. La jeune coopérative a formé les facteurs à rouler avec la remorque et à l'utiliser pour leurs tournées de distribution.

Outre ces services de livraison et de consultance, urbike est revendeur officiel exclusif de la remorque BicyLift de FlexiModal et de l'ensemble de ses accessoires. "Il y a toute une série de modules qui se fixent sur la remorque. Cela va d'une simple fourche pour palette à une boîte qui s'ouvre des deux côtés, dans laquelle on peut fixer des étagères. Imaginons par exemple une cuisine qui se déplie, avec laquelle on va faire de la vente de streetfood, ou encore un atelier mobile." Cette solution permet de multiples exploitations. "Pour de “petits” entrepreneurs et indépendants, comme des électriciens ou des plombiers, il y a l'opportunité de remplacer beaucoup de fourgonnettes par des vélos. Ils pourraient facilement stationner devant chez leurs clients et ensuite rentrer dans les locaux avec le conteneur rempli de matériel."

Active à Bruxelles, BCklet compte bien gagner la Flandre et la Wallonie. "Nous voulons travailler avec des coursiers belges existants. Conquérir le monde n'est pas dans les objectifs. Par contre, collaborer dans l'échange de bons procédés et de clients avec notamment les collègues français et hollandais est une réelle piste à explorer."

Carte d'identité

urbike SCRL

rue Coenraets 72
1060 Saint-Gilles

  • EmploisGérants : Delphine Lefebvre, Philippe Lovens, Renaud Sarrazin + l'équipe : six personnes pour la gestion et une dizaine de coursiers
  • Contact

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